Photo: Lazar Simeonov

Un Palestinien est décédé, le 17 avril, après avoir reçu dans la poitrine un projectile de gaz lacrymogène lancé par un soldat israélien. La scène a été filmée par un manifestant.

La manifestation se déroule à Bilin, un village palestinien à côté duquel passe le mur de sécurité construit par Israël. Tsahal affirme que les gaz lacrymogènes répondaient à des jets de pierres des manifestants. Le jeune que l'on voit s'effondrer - et qui décèdera peu de temps après - s'appelle Bassem Ibrahim Abu Rahma. Il a 30 ans et est le frère d'Ashraf Abu Rahma, un Palestinien qui avait, lui aussi, été victime d'un tir israélien, en juillet 2008.

"Le soldat qui a tué Bassem ne sera probablement pas sanctionné"

Salam Jamal Kanaan, 17 ans, habite le village voisin de Naalin. C'est elle qui avait filmé, en juillet dernier, un soldat israélien qui tirait, à bout portant, sur le frère de Bassem.  

Depuis quelques temps, les soldats de Tsahal tirent leurs capsules de gaz lacrymogène en direction des manifestants et non plus en l'air, comme ils le faisaient auparavant. La capsule n'a pas pénétré dans le corps de Bassem, mais elle a fracassé sa cage thoracique. Récemment, un activiste américain solidaire des Palestiniens a été touché à la tête par le même type de projectile. Il est toujours hospitalisé, dans un état critique. Malheureusement, le soldat qui a tué Bassem ne sera probablement pas sanctionné, tout comme celui qui avait tiré sur Ashraf l'été dernier."

"Ils nous visent exprès"

Abdullah Abu Rahme est le frère de Bassem et Ashraf. Il est membre du collectif "Bilin Village".

Cela fait quatre ans que, chaque vendredi, on manifeste ! Cette fois, nous manifestions contre le Mur, mais aussi par solidarité avec les prisonniers palestiniens.

La manifestation s'est déroulée comme d'habitude, mais il y a eu une répression violente de la part des Israéliens. À chaque fois, ils utilisent des armes différentes : parfois des balles en caoutchouc, parfois de vraies balles, et cette fois des projectiles lacrymogènes. Normalement, ces balles sont simplement utilisées pour disperser les manifestants, mais ils ont fait exprès de nous viser. Ces projectiles peuvent tuer, ils sont plus dangereux que les vraies balles.

Nous n'allons pas baisser les bras. On va continuer à manifester jusqu'à ce qu'on libère notre terre."

La vidéo

Ces images ont été tournées par un activiste étranger, "David", des "Anarchistes contre le Mur".