CUBA

Les Cubains entre espoir et résignation après le geste d'Obama

Barack Obama fait un geste en faveur de Cuba. Quelques jours avant le sommet des Amériques, qui se tient à partir de vendredi à Trinité-et-Tobago, le président américain a annoncé la levée des restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des exilés cubains vers leur pays d'origine. Nos Observateurs cubains réagissent depuis La Havanne, Miami et Paris. Lire la suite...

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"Le chemin est ouvert pour les voyages à Cuba." Une du quotidien porto-ricain "El Nueva Dia". Image de "juan787". 

Barack Obama fait un geste en faveur de Cuba. Quelques jours avant le sommet des Amériques, qui se tient à partir de vendredi à Trinité-et-Tobago, le président américain a annoncé la levée des restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des exilés cubains vers leur pays d'origine.

Fidel Castro a aussitôt réagit, dans un éditorial publié dans le quotidien officiel cubain. Le dirigeant cubain y rejette en bloc les propositions du président américain : "Cuba ne tendra jamais la main pour mendier, il avancera la tête haute." Il indique surtout regretter que les Etats-Unis ne fasse rien pour aboutir à la levée de l'embargo commercial. Côté américain, on indique attendre des avancées dans les domaines de la démocratie et les droits de l'Homme pour envisager la fin du blocus.

"Peut-être le début de la fin de l'embargo"

Juan Carlos est un ancien médecin. Il vit à Cuba.

Cette annonce, c'est peut-être le début de la fin de l'embargo. Enfin les familles vont pouvoir se retrouver plus d'une fois tous les trois ans.

Moi, je n'ai pas de famille aux Etats-Unis mais les émigrés en Floride vont pouvoir envoyer de l'argent et ainsi aider à relancer l'économie cubaine, qui est bien mal en point. Un exemple : j'étais médecin avant, mais j'étais tellement mal payé que j'ai du changer de métier, je suis désormais serrurier..."

"Je suis contre l'idée que Cuba devienne une nouvelle colonie américaine"

Giomar, 36 ans, exilé cubain en France. Il est administrateur technique système à Paris.

Ces mesures constituent une avancée pour la population cubaine, qui a besoin de choses essentielles comme la nourriture et les médicaments. Les exilés en Floride vont pouvoir aider leurs proches qui vivent dans le dénuement à Cuba. De plus les familles divisées depuis longtemps vont pouvoir se retrouver.

Je souhaite que ces mesures ne soient pas mal interprétées par le pouvoir en place. Les autorités vont en effet être tentées de bloquer toute mesure d'assouplissement, qui pourraient conduire à la fin de l'embargo.

Mais d'un autre côté, il faut se montrer méfiant, je suis contre l'idée que Cuba devienne une nouvelle colonie américaine."

"La plupart des personnes ici ne souhaitent pas que le blocus soit levé si le régime ne change pas à Cuba"

Flaco est un artiste cubain de 44 ans, exilé à Miami, en Floride.

Avant les familles pouvaient se voir tous les trois ans. Si les vœux d'Obama sont exaucés, les gens vont pouvoir se voir tant qu'ils veulent. Mais il faut d'abord que la loi change aussi à Cuba...

On attend aussi de voir combien d'argent on va pouvoir envoyer à nos proches sur l'île. Jusqu'ici, on pouvait simplement envoyer 300 dollars [225 euros] tous les trois mois.

C'est donc un pas en avant mais c'est bien loin d'être la fin du blocus. D'ailleurs la plupart des personnes ici ne souhaitent pas que le blocus soit levé si le régime ne change pas à Cuba."

"Fidel Castro ne veut pas de la fin du blocus"

Carla (nom d'emprunt) est une femme au foyer de 65 ans qui vit à La Havane.

Pour moi, c'est une bonne chose. Ces mesures représentent un espoir après 50 ans de blocus. Il va y avoir des retrouvailles entre familles et ça va améliorer la situation économique de Cuba.

Mais tout cela n'arrange pas le pouvoir qui va tenter de faire capoter les mesures prises. Fidel Castro ne veut pas de la fin du blocus, c'est grâce à lui qu'il justifie sa politique. Les journaux officiels ont d'ailleurs annoncé que ces mesures ne sont en fait qu'un moyen pour les États-Unis de s'approprier Cuba."