FRANCE-ALLEMAGNE

Le village des irréductibles anti-Otan

Alors que le centre de Strasbourg est bouclé par les forces de l'ordre, un petit village résiste encore et toujours. Les anti-Otan ont planté leurs tentes dans un camp interdit aux journalistes, mais où notre Observatrice a pu prendre des photos en début d'après-midi. Lire la suite et voir les photos.

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Alors que le centre de Strasbourg est bouclé par les forces de l'ordre, un petit village résiste encore et toujours. Les anti-Otan ont planté leurs tentes dans un camp interdit aux journalistes, mais où notre Observatrice a pu prendre des photos en début d'après-midi.

Les anti-Otan se sont installés loin du centre de Strasbourg, au Neuhof, un faubourg situé dans le sud de la capitale alsacienne. Ce village anti-Otan regroupe altermondialistes et anarchistes. Ses organisateurs décrivent ce lieu comme "un espace de convergence et de vie, l'expression politique de notre refus de l'Otan, instrument militaro-policier qui ne protège que les intérêts du capital". C'est de ce village que semblent partir les membres des Black Blocs, le groupe qui s'est affronté, hier, avec les forces de l'ordre au Neuhof, à la frontière allemande. Difficile de savoir ce qui s'y passe effectivement, les "villageois" étant assez réticents à y admettre des journalistes.

Lire également le témoignage d'un habitant de Strasbourg : "Les manifestants se font encercler immédiatement. Ils ne peuvent rien faire du tout".

Carole Baptistal, 25 ans, travaille dans le recrutement à Strasbourg.

Je suis partie faire des photos au village anti-Otan dans le cadre de mon atelier de photos. Je suis passée par les champs, par la rue Stéphanie. A cette entrée, il y avait des jeunes cagoulés. Ils avaient mis en place un petit barrage, avec un caddy plein de pierres, au cas où les policiers interviendraient.

Je suis entrée sans problème, mais j'avais fait attention. J'étais en jean et basket et j'avais pris un petit appareil photo compact. Si on a pas l'air d'un journaliste et qu'on fait jeune, on passe. J'ai vu des types cagoulés, que j'ai pris en photo de loin. Ils donnaient l'impression de préparer l'Intifada.

C'est très bien organisé. Il y a des panneaux avec le "programme de désobéissance civile" de la journée.

Dans l'ensemble, l'ambiance m'a semblé bon enfant. Un peu comme dans un festival de musique. La plupart n'ont pas l'air violent.