FRANCE - ALLEMAGNE

La police arrivera-t-elle à contenir les manifs anti-Otan ?

Un tract du collectif anarchiste allemand "Dissent". Une militante anarchiste du collectif allemand "Dissent" nous raconte la préparation des manifestations contre l’Otan, qui célèbre ses 60 ans, à Strasbourg, les 3 et 4 avril, en présence d’une soixantaine de chefs d’État. La contestation s’annonce rude. Lire la suite…

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Un tract du collectif anarchiste "Dissent".

Une militante anarchiste du collectif "Dissent" nous raconte la préparation des manifestations contre l'Otan, qui célèbre ses 60 ans, à Strasbourg, les 3 et 4 avril, en présence d'une soixantaine de chefs d'État. La contestation s'annonce rude.

Le sommet de l'Otan se déroule sur trois sites : Strasbourg, Kehl, sur la rive allemande du Rhin, et Baden-Baden. Le dispositif de sécurité est impressionnant : près de 9 000 policiers, CRS et gendarmes mobiles côté français, 21 000 côté allemand, sans oublier les agents du GIPN et du GIGN, les unités d'élite de la police française. Mais des militants de mouvances diverses - anarchistes, libertaires, altermondialistes, syndicalistes, etc. - veulent empêcher la bonne tenue du sommet, pour différentes raisons : opposition à l'élargissement de l'Otan, retrait des troupes occidentales d'Afghanistan, etc.

Les tracts de Dissent

 

 

 

 

Pourquoi "Dissent" manifeste

Extrait d'un communiqué de "Dissent", à propos de son rassemblement anti-Otan.

Contre l’Otan, le G8, le G20, Frontex et le programme de Stockholm ! Démolissons les architectures de sécurité !

Depuis la fin du dernier millénaire s’opère, au sein de l’Union européenne (UE), une refonte de "l’architecture de sécurité" que les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis ont encore accéléré. Les manifestations visibles en sont, par exemple, l’imbrication de la sécurité intérieure et de la sécurité extérieure, un regroupement des administrations chargées de la surveillance du territoire et des services de renseignements, ainsi qu’une facilitation des échanges de données. Sur le plan technique, nous sommes confrontés à de nouvelles caméras de surveillance numériques, à la biométrie, aux drônes, à des logiciels de recherche intelligente des banques de données, à de nouveaux réseaux dotés de réceptions plus larges chargés d’administrer cet immense flux de données numérique. De nouvelles institutions et administrations ont été créées, dont l’Office européen de police, Europol, le Collège européen de police, Cepol, l’Agence de protection des frontières extérieures, Frontex, ou la Commission pour une coopération opérationnelle de toutes les institutions policières de l’UE avec leur site central de services secrets. Sur l’initiative de l’ancienne ministre française de la Défense (et actuelle ministre de l’Intérieur) Michèle Alliot-Marie, la Force européenne de gendarmerie (FEG) a été mise en place. La FEG doit garantir "l’ordre public" dans les régions en crise, intervenir en cas d’émeutes ou d’insurrection, remplir des missions de renseignement et protéger la propriété." Lire la suite du communiqué...

"Notre cantine populaire a été bloquée par la douane allemande"

Liaphine est installée pour quelques jours au "Village anti-Otan", près de Strasbourg. Elle nous raconte sa première journée sur place. Nous la suivrons pendant toute la durée du sommet.

Aujourd'hui, il y a eu une manifestation très calme et festive au rond-point de l'Esplanade, pour dénoncer "le cirque sécuritaire". Il y avait des clowns, de la musique. Il y avait peut-être des membres du mouvement "Black Bloc" [Vêtus de noir, formés à la guérilla urbaine, les "Black Blocs" agissent en petits groupes pour casser banques et institutions lors de ce type de rassemblement], mais tout le monde s'est tenu tranquille.

En revanche, il y a déjà eu un incident à la frontière franco-allemande. Notre "cantine populaire" a été bloquée par la douane allemande. Elle contenait le matériel qui devait assurer le ravitaillement de tout le "Village anti-Otan". Les douaniers nous soupçonnaient d'y cacher des armes... En fait, il s'agissait de couteaux pour faire la cuisine ! Des collègues se sont rendus à la frontière pour prêter main forte à l'équipe de la cantine, mais sept d'entre eux ont été interpellés [information non vérifiée]."

Le "Village anti-Otan" en cours d'installation (photo postée sur Village 09).