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Les jeux vidéo, ça rend gros

Une campagne de prévention anglaise fait rugir les gamers et les fabricants de jeux vidéo. Son message : les jeux vidéo, ça rend gros. Lire la suite...

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Une campagne de prévention anglaise fait rugir les gamers et les fabricants de jeux vidéo. Son message : les jeux vidéo, ça rend gros.

 

"Ne faites rien et vous mourrez"

La campagne "Change4Life", financée par le gouvernement britannique et par des associations, vise à lutter contre l'obésité qui se propage dans le pays. Les 6 mars, un magazine spécialisé (Market for Home Computer and Video Games) a déposé une plainte contre cette campagne auprès de l'Autorité de régulation britannique des publicités (ASA), la jugeant "partiale et ne représentant pas les aspects positifs qu'ont les jeux vidéos sur la jeunesse", et affirmant par ailleurs que son message "totalement inexacte" mettait en péril des centaines de petites entreprises du secteur. Ce mercredi toutefois, l'ASA a annoncé qu'elle ne donnerait pas suite à la plainte. Des rumeurs circulent toutefois sur une possible plainte de Sony, pour l'utilisation dans cette campagne d'une manette de jeu ressemblant à celle de la PlayStation, dont l'entreprise japonaise est propriétaire.

"Pourquoi ne pas avoir fait une campagne qui montre un enfant devant la télévision ?"

Helen Claire Routledge, 27 ans, a toujours joué aux jeux vidéo et travaille aujourd'hui comme designer de jeux vidéo "sérieux" (Serious Games). Elle a monté un groupe sur Facebook pour protester contre la campagne Change4Life.

Cette campagne va à l'encontre de tout ce que ma communauté, Serious Games, essaie de faire depuis des années. Nous faisons la promotion de jeux qui ont un effet positif ; des jeux éducatifs ou qui favorisent l'éveil à la politique. Nous avons des tas d'histoire et d'études qui montrent que les jeux vidéo peuvent développer certaines capacités et rendre plus sociable. Que les jeux vidéo peuvent être utiles pour des enfants comme pour des chirurgiens. Mais notre message ne porte pas, alors que cette campagne, qui ignore les aspects positifs des jeux vidéo, touche tout le monde.

Pourquoi ne pas avoir fait une campagne qui montre un enfant devant la télévision ? Car les jeux, aux moins, développent les processus cognitifs, le raisonnement et la résolution de problèmes. Bien sûr, il peu y avoir des risques de prise de poids, car il s'agit d'une activité sédentaire. Mais est-ce qu'on bouge plus dans une classe ou en écoutant un professeur ?"

"Le message de la campagne a été mal exprimé et donc mal reçu"

Christelle Andrès est directrice du Centre de référence sur le jeu excessif au CHU de Nantes.

Cette campagne est un énorme raccourci dans la réflexion que les chercheurs ont actuellement au sujet des jeux vidéo. Affirmer que leur utilisation peut raccourcir l'espérance de vie ne s'appuie, à l'heure actuelle, sur aucune recherche.

Nous avons encore très peu de recul scientifique sur les effets réels de ces pratiques. Et, de la même manière, montrer pour cette publicité un enfant aussi jeune, l'air amorphe, ne correspond à aucune réalité. Les jeux vidéo posent des problèmes essentiellement auprès des jeunes adultes, et seulement pour une très petite minorité d'entre eux.

Le message de la campagne a été mal exprimé, donc mal reçu. Selon moi, il s'agit plus d'alerter sur la sédentarité et ses risques sur la santé. Et les jeux vidéo ne sont qu'une des causes parmi d'autres, mais ne sont pas les seuls responsables.

Si l'industrie des jeux vidéo réagit au quart de tour, c'est parce qu'elle est constamment incriminée, sans aucune base scientifique. Elle finit par se replier sur elle-même, alors que l'on devrait la pousser à s'orienter vers une politique du jeu responsable."

Les conseils de la campagne "Change4life"

Parodie de la campagne

"Apprenez à lire et vous mourrez"

Publiée sur le groupe Facebook  "Change4Life - gamers fight back".