TERRITOIRES PALESTINIENS

Un clip contre le blocus de Gaza

Le responsable des animations du long-métrage "Valse avec Bashir" a sorti, la semaine dernière, un petit film pour dénoncer le blocus dont sont victimes les habitants de Gaza. Voir le clip et lire le commentaire de notre Observatrice en Israël...

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Le responsable des animations du long-métrage "Valse avec Bashir" a sorti, la semaine dernière, un petit film pour dénoncer le blocus dont sont victimes les habitants de Gaza.

"Closed zone", réalisé par Yoni Goodman, a été commandé par une ONG, Gisha, avant le début de l'opération "Plomb durci". Mis en place depuis la prise du pouvoir, en juin 2007, du Hamas dans la bande Gaza, le blocus a été renforcé à la fin de l'offensive militaire : la circulation des marchandises a été réduite au strict minium et la circulation des personnes a été complètement bloquée.

Postée sur YouTube par gishaorg

Que pensez-vous de ce film ? 

"Le blocus est une mesure punitive, et le gouvernement ne s'en cache pas"

Lisa Goldman est journaliste et blogueuse à Tel-Aviv.

Ce film n'a pas créé un énorme débat ici, à part sur Internet. Mais le réalisateur a, bien sûr, été la cible d'attaques habituelles : on l'a accusé d'être anti-israélien et d'avoir une vision simpliste de la situation à Gaza, en omettant la responsabilité du Hamas dans ce blocus.

Ce petit clip a en tout cas le mérite de faire reparler de Gaza, où la situation humanitaire n'est pas près de s'améliorer. La médiation égyptienne entre Israël et le Hamas est dans l'impasse car le mouvement islamiste demande la libération de nombreux criminels en échange de celle de Gilad Shalit. Israël impose donc un blocus quasi-total sur la circulation des produits et des personnes. C'est une mesure punitive, et le gouvernement ne s'en cache pas.

Gaza n'est ni l'endroit le plus pauvre, ni le plus peuplé du monde. Quiconque a visité un bidonville de Bombay ou du Caire peut vous le dire. Ce territoire est toutefois dans une situation unique, car c'est une grande prison à ciel ouvert. Le blocus dure depuis 18 mois, mais il s'est encore renforcé depuis l'opération "Plomb durci". Le ministre de la Défense [Ehud Barak] a décidé que, désormais, personne ne pourrait entrer ou sortir de Gaza, sauf pour des raisons humanitaires urgentes. Idem pour les marchandises. On ne laisse entrer que le minimum vital. Bien sûr, des produits continuent de transiter par les tunnels de Rafah, qui sont restés intacts malgré les bombardements, mais ils sont bien trop coûteux pour les pauvres, qui dépendent donc uniquement de l'aide humanitaire. En revanche, les militants du Hamas ne semblent pas trop touchés. Ismaïl Haniyeh [ancien Premier ministre de l'Autorité palestinienne] n'a pas l'air d'avoir maigri...

Malgré le blocus et la situation humanitaire, Gaza n'est plus vraiment un sujet de discussion en Israël. Comme me le disait un ami journaliste, c'est comme si Gaza avait déjà été rayé de la carte. Les Gazaouis ont été déshumanisés, réduits à un tas de militants du Hamas. Et si quelqu'un s'aventure à parler de leurs souffrances, on lui rétorque immédiatement qu'il faut aussi penser aux habitants de Sdérot."