"Paul", un métropolitain installé en Guadeloupe, a filmé mardi un barrage routier tenu par des hommes cagoulés. Il s'inquiète du climat de violence et de racisme qui s'instaure, selon lui, dans l'île.

Lisez également le commentaire de nos Observateurs antillais.

"Pour moi, ce ne sont pas des manifestants, mais des casseurs"

"Paul" est un métropolitain installé en Guadeloupe depuis quatre ans. Il travaille dans l'informatique et souhaite rester anonyme pour des raisons de sécurité. (Actualisation : "Paul" nous a envoyé un nouveau texte le 19 février, qui a remplacé ci-dessous son premier commentaire publié la veille).

Je filme ce qui se passe sur la route qui rentre chez moi. Mais je reste loin car si je m'approche caméra au poing, ça pourrait mal se passer, surtout pour ma caméra. Les manifestants laissent filmer les journalistes qui les soutiennent, et seulement lorsque les miliciens ne s'adonnent pas à des fermeture forcées.

Ici, j'ai filmé un barrage entre BasseTerre et Baillif, près de la rivière des Pères. C'était mardi. Il y avait trois hommes cagoulés qui bloquaient la route avec des pneus en feu. Ils avaient récupéré ces pneus dans le parking d'un magasin d'équipement automobile, situé en face. Pour moi, ce ne sont pas des manifestants, mais des casseurs. S'ils manifestaient vraiment, ils ne porteraient pas de cagoule.

Mes amis békés évitent de sortir de chez eux. Bien sûr, il ne faut pas généraliser, mais il y a véritablement une tension raciste que ne semblent pourtant pas percevoir mes amis antillais de souche. Une amie n'ose plus s'aventurer hors de chez elle depuis que les miliciens du LKP l'ont traité de 'sale blanche' lors d'une fermeture forcée. Lorsqu'ils viennent forcer un magasin à fermer ses portes, croyez-moi, ils ne sont pas tendres et ça se passe souvent aux cris de "Blan dewo !" (blancs dehors)."