ÉTATS-UNIS

À Nashville, si vous ne parlez pas anglais, vous partez !

Mardi prochain, Nashville, au Tennessee, pourrait devenir la plus grande ville des Etats-Unis à rendre obligatoire l'usage de l'anglais au sein de son administration. Comment un migrant fraîchement débarqué dans cette ville de 600 000 habitants fera-t-il pour communiquer avec les services sociaux ? En se rendant dans la ville voisine... Lire la suite...

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Mardi prochain, Nashville, au Tennessee, pourrait devenir la plus grande ville des Etats-Unis à rendre obligatoire l'usage de l'anglais au sein de son administration. Comment un migrant fraîchement débarqué dans cette ville de 600 000 habitants fera-t-il pour communiquer avec les services sociaux ? En se rendant dans la ville voisine...

Pour l'instant à Nashville, comme dans la plupart des Etats-Unis, une personne qui ne parle pas l'anglais a le droit à un interprète lorsqu'elle s'adresse aux autorités locales. Un conseiller municipal de la ville, Eric Crafton, a toutefois effectué un lobbying intensif pour qu'un référendum soit organisé sur la question. Il explique à qui veut l'entendre qu'il a lui-même appris le japonais dans l'armée, et qu'il n'y a aucune raison que les immigrants n'en fassent pas de même. Crafton est parvenu à réunir les 5 500 signatures nécessaires pour qu'un référendum soit organisé sur la question. Il considère que son projet va rapprocher les habitants et que les services de traduction feront ainsi des économies. Les opposants au référendum, notamment le maire de la ville, affirment que l'organisation du référendum coûtera l'équivalent de 100 années de traduction, et qu'elle constitue une grave atteinte aux droits des familles d'immigrants. Mais Crafton est convaincu du bien-fondé de son initiative et espère bien étendre l'interdiction des langues étrangères à tous les Etats-Unis, où seul 1% des habitants ne parle pas un mot d'anglais.

"Ne te laisse pas faire, Nashville !"

Une campagne contre la réforme "English Only" (en anglais).

English Only, une initiative qui touche tous les États américains

Posté par "brooklynvanessa".

Un service de t-shirt "anti-bilingue". Photo de "yourfavouritemartian". A Wildwood, New Jersey.

Posté par "social4lyf".

La même chose au Canada...

Posted by "eskimo_jo". 

... et au Japon

Posté par Jason Combs.

"Ils veulent surtout montrer qu'ils en ont assez de 'ces gens'"

Carrie Weir est une Américaine d'origine cubaine. Elle habite dans le Tenessee, gère un petit commerce de t-shirts et tient le blog "Deux langues dans la peau".

Il y a beaucoup de commentaires racistes, anti-latinos, anti-mexicains, sur le site du quotidien local. Les partisans du référendum veulent que l'anglais soit la langue de leur terre. Mais c'est déjà le cas. Tout le monde le sait, même les Latinos qui ne peuvent pas "hablar" anglais.

Ils veulent surtout montrer qu'ils en ont assez de 'ces gens'. Vraiment assez. Même si ce sont 'ces gens' qui bâtissent leur maison, tondent leur jardin et leur font des fajitas.

Ils se battent pour que l'anglais soit obligatoire, alors que notre ville est un centre d'accueil pour les réfugiés venus des quatre coins du monde (Vietnamiens, Soudanais, Cubains, Irakiens, etc.). Comment peuvent-ils parler anglais s'ils arrivent tout droit de camps de réfugiés ?"

Une initiative qui serait soutenue par des "suprématistes" blancs

Nathan Moore est un avocat et un blogueur conservateur de Nashville. Il a beaucoup écrit à propos de ce référendum.

Le groupe local qui fait du lobbying pour ce référendum s'appelle English First. Il est lié à une organisation appelée ProEnglish, ou encore à FAIR, une fédération en faveur d'une réforme de la législation américaine concernant l'immigration. Or, cette dernière reçoit de l'argent du Pioneer Fund, que le Wall Street Journal décrit comme un groupe qui 'promeut la suprématie de la race blanche et l'eugénisme racial'."