RUSSIE

Mobilisation anti-Poutine : "Moscou a perdu Vladivostok"

Samedi dernier, Vladimir Poutine a dépêché par avion des policiers anti-émeutes à 10 000 kilomètres de Moscou. L'objectif : contenir les manifestations anti-gouvernementales organisées à Vladivostok, à l'extrêmité est du pays, où une centaine de manifestants ont entonné "Russie Unie peut crever en enfer".

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Un tigre de l'Extrême-Orient russe tient tête à l'ours de la Russie Unie

Samedi dernier, Vladimir Poutine a dépêché par avion des policiers anti-émeutes à 10 000 kilomètres de Moscou. L'objectif : contenir les manifestations anti-gouvernementales organisées à Vladivostok, à l'extrêmité est du pays, où une centaine de manifestants ont entonné "Russie Unie peut crever en enfer".

Le mouvement de protestation a débuté après l'augmentation des taxes sur les voitures importées (une mesure visant à renforcer l'industrie automobile russe). Mais après deux semaines de tensions, les critiques se sont faites de plus en plus politiques pour finalement viser directement le Premier ministre, Vladimir Poutine.

Le Kremlin a immédiatement répondu par l'envoi de forces de police anti-émeutes dans plusieurs villes. Sur place, les troupes ont arrêté près de 200 personnes, parmi lesquelles des reporters et les membres d'un groupe ... qui dansait autour d'un sapin de Noël. (Voir la vidéo ci-dessous)

La manifestation n'était pas autorisée par les autorités locales. Quand des personnes se sont mises à danser autour du sapin de la place principale de Vladivistok, la police anti-émeutes a été envoyée pour les déloger. Vidéo postée par tatatrumo" le 21 décembre 2008.

Des reporters ont aussi été arrêtés. Vidéo postée par lisamanina" le 21 décembre 2008.

 

 

Arrestation à Vladivostock samedi dernier. Photos par le blogueur "matroskin_cat".

"Russie Unie peut crever en enfer "

Sous le drapeau de Russie Unie est écrit : "Allez à Bobruysk, sales bêtes". Bobruysk est une ville du Bélarus, une référence couramment employée dans le russe familier pour dire "Allez en enfer". Photo de Yuzhno-Sakhalinsk (sur l'île de Sakhaline au large des côtes orientales) par "troevredie" .

"Russes! Ils n'y a pas de miel pour tout le monde ! Apprenez à vous lécher les doigts." Plus bas : "Gouvernement ! Le souci que vous vous faîtes pour nous, vous pouvez vous le foutre au c... ! Laissez nous vivre !"

Photos prises à Vladivostok par le blogueur "matroskin_cat"

 

"Un cadeau pour Poutine". Les manifestants envoient cette voiture de marque russe à Poutine qui conduit une Mercedes.

Photo prise à Khabarovsk (Est) par Mikhail Stroev.

 

Les policiers ont aussi procédé à des arrestations à Novossibirsk, une ville du centre de la Russie où des manifestants se sont rassemblés en signe de soutien à Vladivostok.

Postée par "McOFF54" le 21 décembre 2008.

"Moscou a perdu Vladivostok"

Lora Beloivan est écologiste et écrivain. Voila ce qu'elle a écrit sur sa page Livejournal.

Tous ceux à qui j'ai parlé des désordres provoqués par la police aujourd'hui avaient le même sentiment. Il y aura d'autres mobilisations et très bientôt. Et - c'est ce que tout le monde disait - aujourd'hui, Moscou a perdu Vladivostok."

"La ville est entièrement sous le contrôle de la police"

Le blogueur "bwm" a posté ce commentaire sur sa page Livejournal.

La ville est entièrement sous le contrôle de la police. Les voitures aux phares allumés ou avec des rubans sont arrêtées par les agents de circulation et leurs permis sont retirés aux conducteurs. Plusieurs employés du service public ont reçu des appels. On leur a dit de ne pas se rendre à la manifestation, sous peine d'être virés.

Des étudiants ont reçu des menaces du même type. S'ils étaient vus sur place, ils seraient exclus de leur université.

Les gens ont commencé à se rassembler sur la place principale de la ville à midi. Mais la police a réagi très vite et violemment : alors que seules quelques personnes étaient rassemblées, les policiers ont encerclé les manifestants et les ont attrapés. Enormément de gens ont été arrêtés dont l'équipe de télévision de REN-TV, des photographes et des journalistes. Certains ont été sévèrement battus juste à côté des cars de police.

Depuis, la place est contrôlée par la police qui ne laisse passer personne. La presse a été censurée : le bulletin d'information de 12h30 a été remplacé par un programme musical. Les patrouilles de police interpellent tous les groupes de plus de trois personnes et s'ils sont considérés comme suspects, ils sont arrêtés sur le champ."

Les policiers se prennent en photo avant d'entrer en action. Photos par "bwm" blogueur sur Livejournal.