MONDE

De l'Inde à Cuba, ce qu'ils attendent d'Obama

A Pushkar au Rajasthan en Inde. Photo postée par Que ce soit la fin d’un embargo ou une meilleure redistribution des richesses, la plupart de nos Observateurs, de Cuba à Ramallah, attendent quelque chose de Barack Obama.

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A Pushkar, au Rajasthan en Inde. Photo postée parAricwithana

Que ce soit la fin d’un embargo ou une meilleure redistribution des richesses, la plupart de nos Observateurs, de Cuba à Ramallah, attendent quelque chose de Barack Obama.

INDONESIE : "Grâce à son expérience ici, il sera probablement plus facile (...) de négocier avec lui"

Rully Dasaad est ancien camarade de classe de Barack Obama à Jakarta, où a vécu le futur président entre 1967 et 1971.

J'étais invité par l'ambassade américaine, le soir de l'élection, avec deux autres anciens camarades de classe d'Obama. La plupart des Indonésiens invités étaient très contents. Grâce à son expérience ici, il sera probablement plus facile de parler et de négocier avec lui. Nous avons beaucoup de ressources naturelles, particulièrement du pétrole et du gaz, dont les Etats-Unis ont besoin. Mais le problème c'est que les investisseurs américains, et les sociétés étrangères en général, prennent nos ressources sans que la population en perçoive les bénéfices. Avec Obama comme président, j'espère que l'Indonésie pourra établir de nouveaux contrats avec un partage plus équitable des profits."

 

En Indonésie, les enfants aussi soutiennent Obama. Postée sur Flickr par Anthony J Zhang.

CUBA : "Les gens ont plus parlé de l’élection d’Obama que de celle de Raul Castro"

Yoani Sanchez est une blogueuse de la Havane.

Il y a une attente énorme de la part du peuple cubain. Les gens ont plus parlé de l'élection d'Obama que de celle de Raul Castro - il faut dire qu'il y avait plus de suspens... Ils attendent des changements concrets. Par exemple, que les Cubains des Etats-Unis puissent voyager plus souvent à Cuba [pour l'instant, ils ne peuvent venir que tous les trois ans] et qu'ils puissent envoyer des devises plus facilement [seule la famille rapprochée - père, mère, etc - peut recevoir de l'argent d'un expatrié Cubain aux Etats-Unis]. Pour ma part, je suis plus dubitative sur les changements que peut apporter Obama. Bien sûr, sa victoire aura des conséquences symboliques. Il sera plus difficile pour le pouvoir cubain de diaboliser un noir qui a affiché sa volonté d'ouverture. Mais j'ai peur que les attentes des Cubains soient trop importantes par rapport à ce que pourra effectivement faire le nouveau président."

CISJORDANIE : "Il s'est positionné contre le transfert de Jérusalem aux Palestiniens et les gens lui en veulent"

Ghassan Abdullah,65 ans, est expert en informatique à Ramallah, en Cisjordanie.

Je pense que la majorité des Palestiniens préféraient Obama à McCain. Ils s'identifient à lui en raison de ses origines, de sa couleur de peau et de son nom. Mais personnellement, je ne pense pas que son élection change grand-chose. Je me rappelle de son discours devant l'AIPAC [lobby pro-israélien aux Etats-Unis] en mai dernier. Il a affiché un soutien sans faille à Israël. Et il s'est positionné contre le transfert de Jérusalem aux Palestiniens ; les gens lui en veulent pour ça. De toute façon, ce sera toujours les lobbies, les sociétés pétrolières et les autres grosses entreprises qui dicteront la politique américaine dans la région, pas le président. Une solution ne peut venir que des Israéliens et des Palestiniens."

ISRAEL : "Il a des amis qui sont des ennemis avoués d'Israël"

Ariel Woolf enseigne dans une école talmudique à Efrat, en Cisjordanie.

L'élection d'Obama a été un choc pour nous. Nous ne pensions pas que l'Amérique était prête à élire un homme à la peau noire. Je pense que c'est important, mais je ne sais pas ce qu'il va faire maintenant. Il a des amis qui sont des ennemis avoués d'Israël et je ne suis pas sûr de la façon dont il va traiter les ennemis de l'occident. Nous avons besoin d'un président israélien capable de lui tenir tête. Car le poids des Etats-Unis sur la politique israélienne est important. Et j'ai peur qu'il pousse notre pays à abandonner certaines choses sans contreparties."

 

EXPLOSION DE JOIE À JERUSALEM

A Jérusalem. Postée sur Flickr par Anthony J Zhang.

 

PAKISTAN : "Les gens ne l'apprécient pas beaucoup"

Zaheer Kidvai est professeur d'université à Karachi.

Bien qu'ils soient en désaccord sur tout le reste, Israël et le Pakistan se retrouvent sur une chose : ils étaient parmi les rares pays où la population ne soutenait pas majoritairement Obama. Les gens ne l'apprécient pas beaucoup parce qu'il a ouvertement critiqué le Pakistan, qu'il accuse d'être à la racine du terrorisme. Mais, personnellement, je ne pense pas qu'il va changer grand-chose. La « guerre contre le terrorisme » va juste devenir plus réfléchie et basée sur des informations crédibles. Il ne va pas se contenter de bombarder à tout va, ce qui devrait diminuer les tensions."

INDE

A Pushkar au Rajasthan en Inde. Photo postée par Aricwithana

RUSSIE : "Avec McCain, le Kremlin aurait pu continuer de blâmer les Etats-Unis pour tous ses problèmes"

Maria Antonova est journaliste à Moscou.

Les Russes sont très étonnés qu'un noir entre à la maison blanche. Ils ne connaissent pas grand-chose d'Obama, mais ils espèrent qu'il sera différent de Bush. Avec McCain, le Kremlin aurait pu continuer de blâmer les Etats-Unis pour tous ses problèmes. Ce sera plus difficile maintenant. Quant à la réaction de Medvedev à cette élection [l'annonce d'un déploiement de missiles près de la Pologne, en réponse au bouclier antimissile américain], je ne crois pas qu'elle soit liée à l'élection d'Obama. C'est l'antiaméricanisme habituel des autorités russes. MacCain aurait eu droit au même message d'accueil [le Kremlin s'est également fendu d'un communiqué de "félicitations" extrêmement froid].

CHINE

Postée sur Flickr par sinosplice

KENYA

Au Kenya. Postée sur Flickr par Anthony J Zhang.

JAPON

Au Japon. Postée sur Flickr par Anthony J Zhang.

ANGLETERRE

En Angleterre, un supporter d'Obama après la fête. Postée sur Flickr par Anthony J Zhang.