USA VOTE 2008

Prêt à payer plus d'impôts ?

S'il y a bien un sujet sur lequel Barack Obama et John McCain ne sont pas d'accord, c'est l'impôt. Le premier veut moins taxer les familles modestes, le second considère qu'il faut d'abord aider les entreprises pour maintenir la croissance. Nous avons demandé à nos Observateurs s'ils étaient prêt à payer plus d'impôts. Lire la suite...

Publicité

S'il y a bien un sujet sur lequel Barack Obama et John McCain ne sont pas d'accord, c'est l'impôt. Le premier veut moins taxer les familles modestes, le second considère qu'il faut d'abord aider les entreprises pour maintenir la croissance. Nous avons demandé à nos Observateurs s'ils étaient prêt à payer plus d'impôts.

"Le plan d'Obama reconnaît les besoins immédiats et les inquiétudes"

Julissa Reynoso, avocat, New York (démocrate)

Les impôts permettent à la société de maintenir son tissu social et communautaire.

La fiscalité finance les services publics de base - y compris l'éducation, la sécurité sociale, la santé - qui sont redistribués à la société dans son ensemble.

Bien sûr, dans une société libérale comme les États-Unis, les citoyens ont le droit d’investir leurs revenus et leurs ressources comme ils l’entendent.

Le plan Obama, qui reconnaît cet équilibre, comprend des réductions d'impôt pour ceux qui ont besoin de revenus supplémentaires. Il élimine par exemple l'impôt sur le revenu pour les personnes âgées qui gagnent moins de 50 000 dollars par an. Il prend en compte les besoins immédiats et l'inquiétude de ceux qui sont durement touchés par cette crise financière, ainsi que la nécessité de soutenir et d'investir dans les prestations de base.

 

 

Remy se plaint des impôts élevés dans une vidéo affichée pour la CNN / Youtube débat en 2007

Al le vendeur des chaussures calcule ses impôts selon le plan Obama 

"Les impôts sont le grand 'ennami' des Américains"

 

Linda Sharp, écrivain, Austin TX (indépendant)

"Ennami" est une combinaison de mots, du style "brangelina" [contraction de Bradd Pitt et Angelina Jolie], pour en créer un nouveau. Il s'agit d'une combinaison d'"ami" et d'"ennemi", deux termes que tout oppose. Mais quand on parle d'impôts, c'est le bon mot, c'est un mal nécessaire. Vous ne les aimez pas, mais vous êtes assez intelligent pour comprendre que vous en avez besoin.

Les impôts sont le grand "ennami" des Américains.

Dans cette élection, comme pour tant d'autres auparavant, les impôts sont au cœur du débat. Chacun à présenté son projet. Un peu plus par ici, un peu moins par là… Geler, diminuer... Leurs visions sont décortiquées sur leurs sites, et chaque nuance est attaquée par la partie adverse.

Mais à la vérité, le 5 novembre ne changera pas grand-chose. Nous payerons toujours des impôts, comme avant. Les gens se méfient d’un plan, mais en soutiennent un autre comme s’il allait changer tout le système et que notre porte-monnaie n'allait plus être ponctionné du tout.

Je soutiens Barack Obama. Je le fais en pleine connaissance de cause. Si son plan fait payer plus d’impôts, je paierai sans problème. Je peux me le permettre. Mais quand on entend John McCain, Sarah Palin, Joe le plombier et leurs amis parler, on en viendrait à penser que tout le concept des impôts est saugrenu et inventé par Barack Obama. Sous John McCain, il n’y aurait plus aucun impôt à payer, comme par miracle.

Les impôts remontent à la nuit des temps. C'est grâce à eux que la Boston Harbor a été renommé Earl Gray Harbor. C'est un mal nécessaire. On paie des impôts pour nos militaires, nos écoles, nos routes, nos services publics. Nous profitons tous de ces services, quel que soit notre revenu.

Imaginons que nous sommes tous taxés à hauteur de 5 % de nos revenus. Je continuerai de payer plus que d'autres personnes, parce que je gagne plus qu'eux. Et les gens qui ont plus d'argent que moi paieront encore davantage. Cet argent va dans une grande casserole gouvernementale qui sert ensuite à "redistribuer" la richesse, selon nos législateurs.

Maintenant, juste parce que vous gagnez 25 000 dollars et moi 250 000, et que par conséquent vous contribuez moins que moi, est-ce que pour autant vous aurez moins accès à la route ? Aux écoles ? A une moindre protection militaire ? Bien sûr que non.

John McCain et Barack Obama le savent bien. Aucun des deux ne peut abolir les impôts. Le 4 novembre approche, et qu’importe l’issue du scrutin, les impôts seront toujours un mal nécessaires, notre "ennami" à la porte.

"L’argent que nous gagnons est à nous, pas au gouvernement"

Jim Wilkinson, entrepreneur, Mercedes TX (républican)

Tous les contribuables devraient payer moins d’impôts. Obama a déclaré qu’il voulait plus imposer les riches, tout en expliquant qu'il ne comptait pas reconduire les réductions d’impôts instaurées par Bush, qui ne concernent pourtant pas uniquement les riches. Cela ne revient-il pas à dire que tout le monde paiera plus d'impôts ?

En fait, Obama utilise la carte “contre les riches” pour attirer les classes moins aisées.

McCain a compris qu’aucun pays n'augmente ses taxes s'il veut créer des richesses. Réduire les charges des entreprises privées stimule l’économie. Cela dope le marché de l'emploie, permet d'augmenter la production et de proposer plus de services.

Obama et Biden ont clamé qu'il était "plus patriotique" de payer davantage de taxes. Si c'est ce qu'ils veulent, rien ne les empêche de donner plus d’argent ! Mais l’argent que nous gagnons est à nous, pas au gouvernement.

"250 000 dollars est un seuil de revenus imposables raisonnable"

Ernesto Haibi, médecin dans l'armée américaine, Copperas Cove TX (indépendant)

Il faut que ceux qui en ont les moyens paient le plus. Les riches, au XIXe siècle, pensaient qu’il était de leur responsabilité d’aider les pauvres, "Noblesse" oblige. L’idée d’une "taxe juste", la même pour tous, est ridicule : c’est une théorie de riches.

Je ne crois pas à la redistribution socialiste des revenus, mais si les Américains ne comprennent pas que ceux qui profitent du travail des pauvres leur doivent quelque chose en retour, il continueront de voter contre leur intérêt.

250 000 dollars est un seuil raisonnable [Obama propose de taxer davantage ceux qui gagnent plus que ce montant annuel].

Les Américains se plaignent de la mauvaise qualité des écoles, mais ne veulent pas les financer. Par contre acceptent une guerre en Irak qui les ruine.

Contrairement à l’Europe, nous ressentons peu les bénéfices de nos impôts : ils ne semblent pas aider à résoudre nos problèmes quotidiens.

Peut-être qu’en taxant les riches et en redistribuant aux pauvres, on pourra donner à tous l'accès à des écoles équipées d'ordinateurs. Et puis on pourra mieux équiper l'armée, pour trouver Ben Laden et combattre vraiment le terrorisme.