ÉTATS-UNIS

Obama s'incruste dans les jeux vidéos

Photo prise par Dragunov 765 et postée sur "". Dragunov 765 adore jouer à "Burnout Paradise", un jeu de voitures sur Xbox. Il ne s'attendait pas à tomber sur une affiche de campagne de Barack Obama en encastrant son bolide dans un pylône.

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Photo prise par Dragunov 765 et postée sur "Rooster Teeth".

Dragunov 765 adore jouer à "Burnout Paradise", un jeu de voitures sur Xbox. Il ne s'attendait pas à tomber sur une affiche de campagne de Barack Obama en encastrant son bolide dans un pylône.

Sur le panneau publicitaire : un slogan ("Le vote va commencer") et l'adresse du site du candidat démocrate (www.voteforchange.com). Interpellé par cette publicité politique, au beau milieu d'un jeu vidéo, Dragunov 765 se saisit alors de sa caméra numérique, prend son écran en photo et poste son cliché, le 6 octobre, sur le forum "Rooster Teeth", déclenchant une petite polémique.

Holly Rockwood, directrice de la communication d'Electronic Arts (EA), le développeur du jeu, a confirmé que l'équipe de campagne d'Obama avait payé pour des publicités "in game". "Au même titre que les télévisions, les radios et que les journaux, nous acceptons la publicité pour des candidats crédibles. Et comme les spots politiques sur les chaînes de télévision, ces publicités ne reflètent ni la politique de EA, ni les opinions de ses équipes de développeurs", précise-t-elle.

Neuf jeux vidéos sont concernés, parmi lesquels des jeux de basket et de skate, dans lesquels Obama pourra apparaître sur des banderoles publicitaires à l'intérieur des stades. Lancées le 6 octobre, ces pubs "in game" permettent de cibler les 18-34 ans résidant dans des Etats-clés.

"On insère des pubs uniquement lorsque c'est réaliste"

Emmanuel Carré travaille au service de relations presse de la société de jeux vidéos Ubisoft.

La plupart du temps, ce sont les joueurs qui réclament davantage de réalisme. S'ils se baladent dans New York et qu'il n'y a pas de publicité, ce n'est pas New York.

On insère des pubs uniquement lorsque c'est réaliste, par exemple dans des courses de voitures en circuit, mais on en mettra pas dans le prochain "Prince of Persia" [jeu qui se déroule dans la Perse antique]. On s'est imposé une charte pour respecter le joueur et ne pas mettre de la pub n' importe où.

Le marché est intéressant pour les annonceurs parce qu'ils savent que le public passe parfois plus de temps à l'intérieur de jeux vidéos qu'à l'extérieur. L'exposition est très importante. C'était tentant pour une équipe de campagne, comme celle d'Obama, qui est toujours à la recherche de nouveaux supports."

"On peut ajouter des pubs après que le jeu a été acheté"

Patrick Hellio est chef de rubrique pour la revue Journal des loisirs interactifs.

La publicité dans les jeux vidéos répond aux mêmes règles que la publicité dans les films. C'est ce qu'on appelle le placement de produits. On identifie un public-cible et on insère dans les œuvres qu'ils apprécient des produits et des marques qui leur correspondent. Les derniers James Bond sont ainsi devenus les vitrines de plusieurs marques.

Chez Apple, ils sont particulièrement forts pour les placements "in game". Dernièrement, ils ont par exemple fait insérer des IPods dans le jeu "Metal Gear Solid 4". Mais c'est la première fois que je vois de la publicité politique dans un jeu vidéo.

Ce panneau a dû être rajouté après la sortie du jeu [Burnout Paradise est sorti il y a 6 mois]. C'est aussi un des intérêts de ce support, il peut s'adapter. Car, d'une part, on peut cibler les joueurs géographiquement mais, surtout, on peut ajouter des pubs après que le jeu a été acheté, car les consoles sont toutes connectées à Internet. Le développeur peut rafraîchir les panneaux en fonction des demandes des annonceurs. Ce sont comme de vrais panneaux publicitaires. On ne connaît pas les budgets consacrés à ce genre de publicité. Mais le phénomène est encore embryonnaire."