CHINE

Assassinée par son prof d’histoire

C'était il y a deux ans. Un professeur d'histoire frappait, avec une barre en métal, une de ses élèves, âgée de 11 ans, avant de la jeter par la fenêtre. Lundi dernier, un reportage de la télévision chinoise consacré à cet horrible fait-divers a été posté sur un forum chinois, déclenchant un vif débat parmi les internautes : comment une personne, à l'évidence atteinte de troubles mentaux, a-t-elle pu être acceptée dans l'enseignement ?

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La salle de classe où la jeune fille a été attaquée. Image © Shanghai Oriental Television

C'était il y a deux ans. Un professeur d'histoire frappait, avec une barre en métal, une de ses élèves, âgée de 11 ans, avant de la jeter par la fenêtre. Lundi dernier, un reportage de la télévision chinoise consacré à cet horrible fait-divers a été posté sur un forum chinois, déclenchant un vif débat parmi les internautes : comment une personne, à l'évidence atteinte de troubles mentaux, a-t-elle pu être acceptée dans l'enseignement ?

Zhang Yaoyin, une écolière de Yongzhou, dans la province du Hunan, a été battue à mort sous les yeux de ses camarades de classe. Le professeur meurtrier, Li Hengyi, 28 ans, a été d'abord condamné pour meurtre, mais il a finalement évité la prison après avoir été diagnostiqué schizophrène par les médecins. La mère de la fillette a contesté cette décision, demandant qu'on lui explique comment un "malade mental" avait pu se retrouver seul face à des enfants.

Les internautes se posent également des questions depuis que le reportage télévisé est réapparu lundi sur le forum dzh.mop.com. Sur ces images, très dures, on voit des tâches de sang sur le sol de la salle de classe, le corps sans vie de la jeune fille ainsi que ses vêtements jonchant le sol de la cour.

Ces images ont suscité l'émoi sur le Net chinois. Les internautes se demandent notamment si les professeurs d'école doivent passer un examen psychologique avant d'entrer en fonction. Une enseignante répond à leur question.

"Il est vrai qu'à aucun moment on ne passe d'examen pour vérifier notre santé mentale"

Peng Li est originaire de Chongqing, dans l'ouest de la Chine. Elle enseigne au collège depuis un an.

Pour devenir professeur en Chine, il faut avoir étudié à l'université, sinon aucune école ne vous accepte. Les deux matières qu'on étudie principalement ensuite sont la psychologie et l'écriture au tableau. On passe un examen pour les deux. La partie psychologie est particulièrement importante. Il faut travailler dur. Enfin, pour obtenir son diplôme d'enseignant, il faut faire un stage dans un école. Mais il est vrai qu'à aucun moment on ne passe d'examen pour vérifier notre santé mentale.

Je ne serais pas étonnée que des professeurs frappent leurs élèves dans certaines écoles reculées du pays. Quand j'étais enfant, mon professeur faisait ça parfois. Mais je n'ai rien vu de tel dans l'école où je travaille. Bien sûr, j'ai déjà lu certaines histoires dans les journaux, mais rien d'aussi affreux que celle-là ! Globalement, les enfants sont très bien élevés en Chine et c'est une tradition de respecter son professeur.

Le principale difficulté pour nous, c'est qu'on donne des cours à 70 élèves dans une seule salle. Ce n'est pas comme en Occident où les effectifs sont moins surchargés. Avec autant d'élèves et un seul professeur dans la salle, vous ne pouvez pas surveiller chacun d'entre eux et vous pouvez commencer à stresser. Si vous avez des soucis dans votre vie personnelle, des problèmes d'argent ou familiaux, vous pouvez perdre les pédales. Et alors, là, j'imagine que vous pouvez donner un coup ou insulter un enfant. Le climat général est stressant et potentiellement violent. C'est peut-être pour cela que personne n'a remarqué que cet homme était dangereux."

Le reportage de la télévision chinoise diffusé sur le net

ATTENTION, CETTE VIDEO CONTIENT DES IMAGES QUI PEUVENT CHOQUER.

Dans cette vidéo, la chaîne chinoise montre la scène du crime : les chaussures de Zhang Yaoyin, ses cheveux et ses habits répandus sur le sol. Un élève de la classe raconte que le professeur a traîné la jeune fille par les cheveux et a frappé, à plusieurs reprises, sa tête contre un pupitre.