CANADA

Le Premier ministre canadien accusé de piquer ses discours sur l’Irak

Les internautes canadiens s'esclaffent sur la dernière casserole que va devoir traîner le Premier ministre canadien, Stephen Harper, à deux semaines de l'élection fédérale. En 2003, il aurait copié quasiment mot pour mot un discours du chef de gouvernement australien sur l'Irak.

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Les internautes canadiens s'esclaffent sur la dernière casserole que va devoir traîner le Premier ministre canadien, Stephen Harper, à deux semaines de l'élection fédérale. En 2003, il aurait copié quasiment mot pour mot un discours du chef de gouvernement australien sur l'Irak.

Le Canada est en pleine période électorale. Les responsables des cinq principaux partis s'affronteront lors d'un débat télévisé ce soir, en français d'abord, puis en anglais le lendemain. Le grand favori, le conservateur Stephen Harper, actuellement au pouvoir, doit aujourd'hui se défendre d'une attaque lancée par l'un des leaders du Parti libéral, Bob Rae, qui l'accuse, vidéos à l'appui, de s'être plus qu'inspiré du discours de John Howard sur le nécessaire engagement de l'Australie dans la guerre en Irak.

Postée sur YouTube par liberalvideo

Une comparaison précise des deux textes a été publiée par le Parti libéral. Elle est disponible ici.

"L'affaire fera mal à la campagne conservatrice"

Laurent Soumis, journaliste, est l'un de nos observateurs à Montréal.

 

Décidément, les clips vidéos volent la vedette aux programmes des politiciens en cette fin de campagne électorale fédérale. Après le clip lancé par des artistes opposés à un virage à droite de la culture, le Premier ministre conservateur, Stephen Harper, doit maintenant composer avec une bourde majeure. Les libéraux ont diffusé mardi matin la vidéo de son discours du 20 mars 2003, alors qu'à titre de chef de l'opposition officielle, il plaidait en faveur de l'engagement militaire canadien en Irak. On le sait, le Canada a finalement dit non. Mais l'Australie, oui.

Or, hier matin, les libéraux ont dévoilé une seconde bande, celle de l'ancien Premier ministre australien, John Howard, qui prononçait pratiquement le même discours, mot pour mot, deux jours plus tôt. Lorsqu'on passe les deux bandes en simultanée, les deux hommes semblent parler en cœur, pratiquement au même rythme.

À quelques heures des débats en français et en anglais, que diffuseront mercredi et jeudi soir les plus grandes chaînes de télé du pays, on n'aurait pas pu imaginer pareille tuile pour M. Harper, encore bon premier dans les sondages. Mardi matin, le Premier ministre a choisi de ne participer à aucune activité publique, hormis une séance de photos le montrant en train de reconduire sa petite fille à l'école. Toute la journée, les médias électroniques ont fait leur choux gras des deux histoires. Quel exemple que celui de ce père exemplaire, gardien des valeurs morales, de la loi et l'ordre, pris en flagrant délit de plagiat ! Toute la journée, l'opposition s'en est donnée à cœur joie, avec en prime le silence obligé du bureau du Premier ministre.

L'affaire fera mal à la campagne conservatrice. Car au-delà de l'anecdote, elle vient renforcer l'une des faiblesses de l'image de M. Harper, en particulier dans la province de Québec, dont les sièges lui sont essentiels pour former un gouvernement majoritaire. On savait que les affaires internationales n'étaient pas sa tasse de thé. Plusieurs affirment maintenant qu'il y a là une nouvelle preuve que le Canada a perdu sa voix originale sur la scène mondiale depuis son élection. Lors de la campagne en 2006, les conservateurs n'ont jamais caché qu'ils avaient fait appel à des stratèges australiens. M. Harper doit aujourd'hui expliquer pourquoi il a copié mot à mot les déclarations d'un homme politique étranger, qu'il admire par ailleurs. Mais il s'agit de John Howard, un homme considéré comme l'un des plus grands alliés de George W. Bush, le président américain sortant qu'on lui reproche justement d'avoir suivi trop aveuglément. Howard n'est plus. Bush s'apprête à tirer sa révérence. Mais Harper devra vivre longtemps avec ce legs malheureux."