CHINE

Les Jeux olympiques en Chine : “une soirée très privée”

Les premières épreuves des JO de Pékin se sont tenues dans plusieurs villes du pays, deux jours avant la cérémonie d'ouverture officielle. L'un de nos observateurs vit dans une de ces villes, à Tianjin, dans un appartement situé en face du stade, il nous décrit l'atmosphère étrange qui règne sur la ville.

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Les premières épreuves des JO de Pékin se sont tenues dans plusieurs villes du pays, deux jours avant la cérémonie d'ouverture officielle. L'un de nos observateurs vit dans une de ces villes, à Tianjin, dans un appartement situé en face du stade, il décrit l'atmosphère étrange qui règne sur la ville.

Les forces de sécurité sont sur le qui-vive après l'attentat meurtrier, perpétré lundi dernier dans la province de Xinjiang. Environ 100 000 soldats seraient déployés dans l'ensemble des villes qui accueillent les épreuves. Mais alors que les organisateurs assurent que les athlètes « n'ont jamais été aussi bien protégés », certains dénoncent une présence abusive des forces de sécurité.

Mercredi soir, l'une des premières rencontres sportives s'est tenue dans le stade Teardrop de Tianjin, situé à 150 kilomètres de Pékin. Ces photos ont été prises par notre observateur alors que les supporters quittaient le stade après avoir vu l'équipe féminine de football chinoise battre les Suédoises.

 

Photos © Jim Gourley

Sur la droite de la photo, des membres des forces de sécurité sont assis en ligne. Des voitures de polices sont garées le long de la rue Binshui Xi Dao de Tianjin.

"Je ne peux pas me balader tranquillement dans la rue pour prendre des photos"

Jim Gourley est un blogueur et un photographe américain qui vit en Chine à Tianjin. Son blog : Absurdity, Allegory and China

Le plus bizarre ici, c'est qu'il y a très peu de monde dans la ville. Il n'y a pratiquement pas de touristes, alors que les migrants venus des campagnes ont tous disparu. Les vendeurs de rues ont eux aussi décampé, on doit maintenant se déplacer nous-mêmes jusqu'aux magasins. Ca fait maintenant 10 ans que je vis à Tianjin et je n'ai jamais vu la ville et ses environs aussi déserts. Pendant le déjeuner, des voitures ont été retirées des rues, selon la politique de restriction de la circulation. Même la chaussée semble vide.

Ca n'a jamais été aussi vide. Aussi propre. Je ne sais plus trop quoi en penser.

C'est comme si on était au milieu d'une fête très privée et qui n'aurait pas encore vraiment commencé. Le nombre de "fêtards" semble d'ailleurs être bien inférieur à celui escompté.

Mon appartement donne sur le stade où vont se tenir les matchs (12 matchs de foot sont prévus à Tianjin), mais je ne peux pas me balader tranquillement dans la rue pour prendre des photos. La ville est quadrillée par les agents de sécurité qui n'ont pas de temps à perdre. Les seuls qu'ils laissent entrer dans le quartier sont ceux munis de billets et les résidents, qui ne sont d'ailleurs pas autorisés à flâner dans les rues. Les seuls à se promener sont les agents de sécurité. Toutes les rues qui donnent sur le stade sont fermés aux voitures et aux piétons.

Un des avantages de ces Jeux olympiques, c'est la tranquillité qui règne à présent dans la ville et surtout dans mon quartier, surtout connu pour l'activité qui y règne. Mais alors que je profite de cette nouvelle tranquillité, je ne peux pas ignorer une certaine pression.

A un moment, quelqu'un sifflera un bon coup et criera : "C'est terminé, tout peut revenir à la normale (regardera sa montre)...maintenant !"

Alors le décor retrouvera la poussière sablonneuse et le bruit du marteau."

En haut de la photo, Binshui Xi Daois, la rue où vit Jim Gourley.