ITALIE

Les soldats de Berlusconi surveillent la cité

3 000 militaires sont désormais déployés dans les grandes villes d'Italie, dans le cadre du plan de sécurité instauré par le gouvernement de Silvio Berlusconi. Mais les méthodes du « cavaliere » pour réduire la criminalité ne plaisent à tout le monde en Italie.

Publicité

Photos : Alberto Celani.

3 000 militaires sont désormais déployés dans les grandes villes d'Italie, dans le cadre du plan de sécurité instauré par le gouvernement de Silvio Berlusconi. Mais les méthodes du « cavaliere » pour réduire la criminalité ne plaisent à tout le monde en Italie.

Après avoir placé les décharges d'ordures de Naples sous contrôle militaire puis avoir proclamé "l'état d'urgence immigrés", le déploiement de militaires dans les villes est la troisième mesure prise par le gouvernement Berlusconi pour "donner aux citoyens le sentiment d'être en sécurité".

Ce n'est pas la première fois que la population civile est confrontée à la présence de militaires dans les villes. Dans les années 1990, les soldats avaient été déployés en Sicile pour lutter contre l'influence de la mafia.

Avec la contribution d'un de nos observateurs en Italie, Alberto Celani.

Les troupes arpentent les rues de Milan

Photos: Alberto Celani.

"Nous ne faisons rien de plus que ce que les gens attendaient"

Le général Giuseppe Valotto est le coordinateur des différents corps d'armée participant à l'opération "militaires dans la ville".

Les effectifs sont plutôt faibles, le but c'est de montrer aux gens que nous sommes une force amie. Comment peut-on dire qu'une ville aussi grande que Naples est occupée par les militaires alors que seuls 170 soldats y patrouillent ?

Après plusieurs années de service, je sais identifier les réactions des gens qui rencontrent des militaires et en l'occurrence les gens sont heureux de voir les troupes venir en aide à la police d'Etat, aux carabiniers et à la police municipale. Nous ne faisons rien de plus que ce que les gens attendaient."

"La militarisation des villes est une grave erreur"

Maurizio Pagani est président d' « Opera Nomadi », une association d'aide aux roms.

Des militaires en pleine ville, ce n'est pas une solution ! Les gens demandent la sécurité, ils veulent des villes où ils peuvent vivre sans être angoissés. Ce sont les problèmes sociaux qui expliquent ce manque de sécurité. Les patrouilles ne peuvent pas régler ces problèmes. Quelle sera l'étape suivante en cas de réelle urgence ? Ces troupes sont censées être utilisées dans des situations très particulières.

Le gouvernement devrait se concentrer sur les gens et essayer de réduire le fossé qui existe entre les besoins des citoyens et les réponses apportées par les hommes politiques. La militarisation des villes est une grave erreur."

"Il faut qu’on ait le courage de reconnaître que nous avons perdu le contrôle de certaines villes"

Mauro Bottarelli est un journaliste italien.

Certaines personnes affirment que l'Italie est en état de siège. En état de siège ? C'est n'importe quoi. Il faut qu'on ait le courage de reconnaître que nous avons perdu le contrôle de certaines villes et que c'est sans doute la meilleure solution pour rétablir la situation. La police était débordée, ces militaires vont leur donner un coup de main. En plus, j'ai vu que les soldats étaient très professionnels, et qu'ils renseignaient les passants devant du Duomo et la gare centrale. Je pense que c'est la meilleure réponse qu'ils pouvaient apporter à ceux qui les critiquent."

"Les touristes ne doivent pas bien comprendre pourquoi il y a des soldats déployés dans les rues"

Silvia Cernan est une étudiante de 23 ans, originaire de Bratislava, en Slovaquie. Elle passe une année Erasmus dans une université de Milan.

A Bratislava, il n'y a pas de soldats dans la rue et il y a aussi moins de policiers. Je ne comprends pas pourquoi ils ont besoin d'envoyer des hommes en plus à Rome, Milan ou Naples ? Cette idée d'insécurité, c'est quelque chose d'irrationnel, les touristes ne doivent pas bien comprendre pourquoi il y a des soldats déployés dans les rues. Le fait de les voir patrouiller me rend plus nerveuse."