ETATS-UNIS

McCain traque les contradictions d'Obama sur l'Irak

L'équipe de campagne de McCain va faire taire ceux qui se gaussent de l'incompétence du candidat républicain, "plus vieux que le Golden Gate", en matière d'Internet. Elle a mis en ligne mardi un outil mettant sous surveillance le site de campagne de son adversaire, Barack Obama, et de mettre à jour toute modification dans son discours politique. Lire la suite...

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L'équipe de campagne de McCain va faire taire ceux qui se gaussent de l'incompétence du candidat républicain, "plus vieux que le Golden Gate", en matière d'Internet. Elle a mis en ligne mardi un outil mettant sous surveillance le site de campagne de son adversaire, Barack Obama, et de mettre à jour toute modification dans son discours politique.

Cet outil met en exergue en temps réel les changements opérés sur les pages dédiées à l'Irak du site officiel d'Obama. Le moindre ajout, la moindre virgule supprimée sur ce site est automatiquement souligné en vert par le système. McCain cherche ainsi à montrer que son adversaire, qui avait pris position pour un retrait immédiat d'Irak, a récemment changé son fusil d'épaule.

Outre les inconsistances qu'il pourrait révéler, cet outil permet surtout à McCain d'appuyer son plan de communication visant à décrédibiliser Obama en matière de politique internationale. Une méthode qui pourrait faire rapidement des émules : quelqu'un pensera-t-il à mettre sous surveillance les sites officiels de Ségolène Royal ou de Nicolas Sarkozy ?

Actualisation : Le 18 juillet, le site mis en place par McCain pour analyser les changements de discours d'Obama ne fonctionne plus. L'équipe d'Obama aurait-elle trouvé la parade ?

La dernière vidéo de campagne de McCain : "Quelle est la position d’Obama sur l’Irak ?"

Cette vidéo, postée le 17 juillet sur la chaîne YouTube de McCain, juxtapose des déclarations d'Obama sur l'Irak afin de souligner les changements de position du candidat démocrate.

Selon ce clip, Obama aurait affirmé que l'envoi de nouvelles troupes en Irak empirerait la situation, avant de se contredire.

Qu'il était favorable à un retrait immédiat des troupes, avant de se contredire.

Qu'il refuserait d'augmenter les dépenses de guerre, avant de se contredire.

La vidéo s'achève sur cette phrase : "La position de Barack Obama sur l'Irak : tout ce qui est bon pour ses objectifs politiques".

"Ils veulent briser le mythe du candidat du changement"

Stanislas Magniant est consultant en communication. Il a cofondé, en 2004, le site Netpolitique.net.

Tous ceux qui font de la veille sur Internet disposent déjà de ce genre d'outil, qui s'achète pour 30 dollars sur le Net. La différence c'est qu'ici, l'équipe de McCain ouvre ce monitoring de site au public. Il dit aux internautes ‘venez voir comme Obama change de discours'. Cela s'inscrit complètement dans la stratégie de campagne actuelle des républicains, qui cherchent à montrer que le candidat démocrate revient régulièrement sur ses prises de positions et qu'il est donc un politicien comme les autres. Ils veulent briser le mythe du candidat du changement, de l'homme politique différent des autres.

Les républicains attaquent particulièrement Obama sur l'Irak. Ils l'accusent d'avoir retourné sa veste depuis qu'il a déclaré qu'il était prêt à "affiner" son plan de retrait d'Irak une fois élu [Obama proposait à l'origine un retrait immédiat].

En politique, chaque camp monte en épingle la moindre gaffe de l'adversaire. Mais il est de moins en moins probable que de grosses erreurs soient faites sur les sites des candidats, car tous les textes y sont validés et revalidés. Tous les hommes politiques savent que la moindre de leur page Web est décortiquée par leurs opposants. Ils sont donc extrêmement prudents.

La technique utilisée par McCain pour traquer Obama me rappelle une anecdote sur la campagne présidentielle française. Lors du débat télévisé entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, la candidate socialiste avait apostrophé son adversaire sur une imprécision qu'il aurait faite à propos des centrales nucléaires EPR. Sarkozy parlait d'une quatrième génération de réacteurs ; Royal affirmait qu'il s'agissait en fait d'une troisième génération. Et bien avant même la fin du débat, un internaute avait déjà modifié la page Wikipedia sur ce sujet pour qu'elle corresponde à la version de l'actuel président [Libération indique d'ailleurs avoir reçu plusieurs commentaires d'internautes qui s'appuyaient sur cette page Wikipedia modifiée].