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ETATS-UNIS

Vidéo accablante dans un hôpital de Brooklyn

5 mn

Cette vidéo, tournée le 19 juin par une caméra de surveillance d'un hôpital psychiatrique de Brooklyn, fait aujourd'hui polémique aux Etats-Unis. La femme que l'on voit sur ce film ne sera secourue qu'une heure après s'être effondrée en plein milieu de la salle d'attente.Lire la suite...

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Cette vidéo, tournée le 19 juin par une caméra de surveillance d'un hôpital psychiatrique de Brooklyn, fait aujourd'hui polémique aux Etats-Unis. La femme que l'on voit sur ce film ne sera secourue qu'une heure après s'être effondrée en plein milieu de la salle d'attente.

Esmin Elizabeth Green, une travailleuse sociale de 49 ans, avait été transportée la veille aux urgences de l'hôpital de Kings County à la suite d'une violente crise d'angoisse. Elle avait reçu des tranquillisants et attendait depuis 24 heures dans cette salle d'attente. Lorsqu'elle tombe de sa chaise, à 5 h 32 du matin, aucun des patients présents dans la pièce ne réagit. On voit un agent de sécurité s'approcher d'elle, mais sans intervenir. Il faudra attendre près d'une heure avant que le personnel médical ne lui porte assistance. Trop tard. La femme décède peu après.

Sur le rapport médical, les responsables de l'hôpital ont noté qu'Esmin Elizabeth Green était tranquillement assise sur sa chaise jusqu'à 6 h 20 et que les secours sont donc intervenus rapidement. Cette vidéo de surveillance prouve le contraire. Ce document a été diffusé par la New York civil liberty union. Cette association avait d'ailleurs porté plainte, il y a un an, contre l'hôpital Kings County, dénonçant la saleté et le recours abusif à des sédatifs dans cet établissement. Une plainte qui semblait dormir sous une pile de dossiers, mais qui va être plus sérieusement examinée après cette affaire qui fait les gros titres des médias américains.

"Il faut entretenir le sentiment d'humanité chez le personnel soignant"

Maryvonne Wetsch était psychiatre à l'hôpital Esquirol de Saint-Maurice (Val-de-Marne).

La première chose qui me choque en regardant cette vidéo c'est qu'aucun personnel soignant ne soit présent. Il semble que cet hôpital se repose sur des gardiens et des caméras de surveillance pour gérer sa salle d'attente. En France, cela ne serait pas possible. Il n'y a pas d'agents de sécurité dans les hôpitaux, uniquement du personnel soignant ou de ménage.

On ne peut pas remplacer le dialogue par des sédatifs et des vigiles. Or c'est une tendance aussi en France : on réduit les effectifs et, même si la situation est différente suivant les établissements, on a tendance à recourir d'avantage aux calmants. Dans l'unité où je travaillais, il y a dix ans, il y avait trois personnes en permanence, pour 22 patients ; ils ne sont plus que deux aujourd'hui. D'abord parce qu'on a du mal à recruter du personnel dans les hôpitaux psychiatriques. C'est un travail très dur. Mais aussi à cause des 35 h qui ont vraiment mis la pagaille.

Au bout du compte, il est de la responsabilité des managers de l'hôpital d'éviter que ce qu'on voit sur cette vidéo se produise. Il faut entretenir le sentiment d'humanité chez le personnel soignant. C'est exactement la même chose que dans un commissariat ou dans un centre de rétention. Et ça me fait aussi penser à la colonisation : si ceux qui disposent de l'autorité ne voient plus les plus faibles comme des êtres humains, s'ils pensent qu'il n'y a rien à attendre d'eux, alors toutes les dérives sont possibles."

"Les conditions de travail dans cet hôpital sont effroyables"

Phil est psychiatre à New York. Il a travaillé, durant ses études de médecine, il y a une vingtaine d’années, à l’hôpital de Brooklyn où s’est déroulé le drame. Il souhaite rester anonyme.

J’ai travaillé dans de nombreux hôpitaux, mais les conditions de travail dans celui-ci étaient spéciales, voire choquantes. Beaucoup d’établissements traitent des indigents, mais celui-là n’a que ce type de population. Des gens qui n’ont aucune influence. Les conditions de travail dans cet hôpital sont effroyables. Le bâtiment est d’un autre âge : quand j’y étais, l’un des dortoirs accueillait jusqu’à 16 patients. Ces derniers devaient attendre des heures pour se faire soigner. Les aides-soignants sont des employés de la ville et il règne une atmosphère de totale indifférence. Ceux qui ont les moyens ne vont pas à Kings County. Je me rappelle qu’à l’époque, je me disais que la seule solution était de détruire cet hôpital et d’en reconstruire un plus moderne.

Vidéo surveillance, 5h32, hôpital de Kings County

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