FRANCE - ITALIE

Le cauchemar des Bleus

La France est éliminée de la Coupe d'Europe des nations à l'issue d'un match cauchemardesque contre l'Italie. L'avenir de Raymond Domenech est en question après un Euro totalement raté par les Bleus. Doit-il rester à la tête de la sélection ?

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La France est éliminée de la Coupe d'Europe des nations à l'issue d'un match cauchemardesque contre l'Italie. Après la sortie de Franck Ribéry sur blessure, l'expulsion d'Eric Abidal et un penalty accordé à l'Italie, les Bleus quittent le tournoi de la pire façon possible, finissant dernier du groupe C avec un point, 1 but marqué et 6 encaissés.

Altercation Vieira - Evra ?

Comme pour illustrer le propos de notre observateur Bernard Bosquier qui souligne la mauvaise ambiance qui règne au sein de l'équipe de France, une vidéo circule depuis hier soir sur la Toile, montrant ce qui apparaît être une vive altercation entre le capitaine des Bleus Patrick Vieira et le latéral Patrice Evra (le numéro 13), à la fin du match face aux Pays-Bas. Selon certains sites sportifs français, il ne s'agirait nullement d'une bagarre franco-française. Pour eux, Vieira serait sorti de ses gonds après avoir été pris à partie par un supporter avant d'être calmé par Jean-Alain Boumsong.

Postée le 17 juin par divertissonsnous

Le cas Domenech

Hier admiré pour avoir amené les Bleus en finale du Mondial 2006, Raymond Domenech est aujourd’hui tenu responsable de la sortie prématurée des Bleus de l’Euro 2008.

Ce résultat face à l’Italie ne reflète pas le coup du sort qui s’est acharné contre les Bleus (blessure de Ribéry), ni l’arbitrage contentieux qui finit d’achever la sélection française (expulsion d’Abidal). Pourtant les tours préliminaires se jouent en trois matchs et les Bleus ont failli par trois fois et on ne retiendra que le nul décevant contre la Roumanie, l’incroyable débâcle contre la Hollande et le coup de grâce de l’Italie.

La tactique Domenech a-t-elle échoué à cet Euro ?

"Quand on n’en a rien à foutre du copain à côté, on joue chacun pour soi"

Bernard Bosquier, défenseur central aux 42 sélections en équipe de France, nous livre ses impressions après l'élimination des Bleus.

Il y a quelques circonstances atténuantes à cette défaite, comme la blessure de Ribéry, mais ce n'est pas une excuse. Ribéry, ce n'est pas Platini ou Zidane. Ce match était meilleur que les deux premiers. Mais je regrette que Domenech n'ait pas été plus audacieux dans ses choix. Pourquoi faire entrer Boumsong et pas un attaquant ? J'ai été choqué par la sortie de Nasri, qui venait d'entrer.

Si l'équipe de France avait joué comme ça avant, on n'en serait pas là. J'ai vu des signes encourageants. Quant à la faute d'Abidal, elle est grossière, mais ce n'est pas un libéro. En plus, ce n'était pas une grosse équipe d'Italie qu'on avait en face.

Dans ce tournoi, toutes les équipes se valent techniquement. C'est sur le mental et le collectif que se fait la différence. Quand on n'en a rien à foutre du copain à côté de soi, on joue chacun pour soi. Il y a des signes qui ne trompent pas. Quand on voit les joueurs français descendre du bus, chacun avec son walkman sur les oreilles, on n'a pas le sentiment qu'il règne un sentiment de convivialité. Quand on voit le collectif de la Turquie ou des Pays-Bas à côté, la différence est flagrante.

Et je ne parle même pas des déclarations de Vieira à l'encontre du staff médical, qui, à la veille d'un match capital, adopte une attitude inacceptable. Ce sont tous ces petits détails qui sont révélateurs de l'ambiance au sein de l'équipe de France.

De toutes les équipes du tournoi, c'est la seule qui joue tranquillement en attendant que ça se passe. La France a montré un jeu beaucoup trop stéréotypé.

Cette élimination est une demi-surprise. Il va falloir se remettre en question. En tous cas je ne pense pas que Domenech parte, il a signé jusqu'en 2010 et je vois mal la Fédération rompre son contrat. Mais les non-sélections de Mexès et Trezeguet restent pour moi inexplicables."

Où est passé le plaisir de jouer?

C'est fini. Les bleus sont rentrés à la maison. Après huit jours de compétition la France est éliminée de l'Euro 2008. Passée la déception de la veille, impossible d'esquiver la question qui est sur toutes les lèvres: comment en est on arrivé là? Sans faire l'hallali de qui que ce soit, on est bien obligé de s'interroger après cette déroute. La France termine dernière de son groupe avec un point derrière la Roumanie. Dans le premier post, juste après le premier match, je faisais remarquer que perdre en sport cela était toujours possible. Rien de forcément déshonorant dans cela, reste la manière. Y repensant à présent, à quel moment cette équipe nous a-t-elle fait vibrer, à quel moment avons nous senti qu'ils avaient tout fait, tout donné pour mouiller le maillot? Tout au long de la compétition cette équipe a cruellement manqué de génie malgré quelques individualités: Ribéry, Makelele, Evra et d'une certaine manière Henry auteur du seul but des bleus.

Où est passé le plaisir de jouer? On ose à peine la comparaison avec le splendide début des Oranje. Chez les bleus, on a vu une équipe trop défensive. C'est la stratégie de jeu privilégiée depuis des années. Elle a fait ses preuves mais elle a finalement contribué à stériliser l'attaque. Les bleus ont été trop frileux. Leur manque-il un véritable créateur de jeu, un inspirateur? Ou plus simplement écoutons Claude Makelele, sans doute le plus lucide et a qui on ne peut reproché d'avoir mouillé le maillot: "l'équipe a manqué de fraîcheur, d'enthousiasme"... Tout est dit.

Dans les explications, il y a ce premier match raté; un faux pas. Le nul contre la Roumanie a été fatale aux français (au regard du premier match réussi des hollandais). Il leur a mis un pression qu'ils n'ont pas su convertir en énergie positif. Alors faut-il suivre R.Domenech lorsqu'à la fin il déclare: "cette équipe a montré quelque chose". Quoi? On cherche encore. Sans doute est-il dans son rôle. Le sélectionneur veut bien concéder une erreur. Il avoue donc une erreur de communication en n'ayant pas suffisamment insisté auprès du groupe sur le fait que l'Euro était en quelque sorte une générale de la Coupe du Monde de 2010. Cela aurait, selon lui, pu ôter une partie de la pression aux plus jeunes. Peut-être.

Parlons en des jeunes et des plus vieux. Claude Makelele encore; l'international a annoncé hier la fin de sa carrière chez les bleus et souligné qu'à présent la place était à la jeunesse: Nasri, Ribery, Benzema... Beaucoup n'ont pas manqué de souligner que c'était ainsi après Deschamps, Zidane, une page de la génération 98 qui se tournait à nouveau (bien qu'il en reste encore quelques uns de cette génération). Les français ont-ils tourné la page de l'épopée de la Coupe du Monde de 1998 et de l'Euro qui suivi? Les résultats d'aujourd'hui ne sont ils pas immanquablement vus, lus au regard du succès d'hier? La nostalgie a son charme mais elle ne fait gagner aucun match.

Créer un groupe homogène, qui ait envie de vivre une aventure commune et hors du commun, de se dépasser ensemble et faire enfin vibrer ses supporters, voilà la tâche du sélectionneur, qui que ce soit. Une tâche qu'il devra mener à bien assez rapidement, pour être prêt pour la Coupe du Monde en Afrique du Sud.

Rendez-vous dans deux ans.