PAYS-BAS - FRANCE

Les Bleus humiliés, les Oranje qualifiés

Les Pays-Bas ont battu la France 4 buts à 1 dans une rencontre du Groupe C de l'Euro 2008. Cette large victoire permet aux Hollandais de se qualifier pour les quarts de finale.

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Dirk Kuyt, Robin van Persie, Arjen Robben et Wesley Sneijder ont inscrit les quatre buts des Pays-Bas contre la France. Thierry Henry a marqué le seul but des Bleus dans cette rencontre du groupe C de l'Euro 2008. Les Français devront battre les Italiens lors de leur dernière rencontre de poule s'ils veulent conserver une chance de qualification.

"C'est fini, les Bleus sont défaits"

Melvin Dia Moukori, notre Observateur français, envoie une réaction quelques minutes après la fin du match. C'était le match à ne pas manquer. Toute la journée on a été dans l'expectative. Petit sondage par mail auprès de proches et de personnes que je croise. C'était partagé. Les plus optimistes voulaient y croire. Les réalistes, diront nous, n'accordaient que peu de chance aux Français.

A 20h45, pourtant, au coup de sifflet, les deux équipes avaient leur chance. Mais les Néerlandais infligent leur premier coup dès la 9ème minute. Kuyt d'une tête sur un coup de pied arrêté inscrit le premier but pour les Oranje.

Les Hollandais imposent leur jeu, et vont vite. Mais les Bleus reviennent dans cette seconde partie de première mi-temps. Ils ont des occasions, ils tentent mais ça ne passe pas. Au retour, les Français n'ont plus le choix face des Hollandais qui montrent une véritable qualité de jeu dans leurs passes.

Les Français doivent confirmer la bonne impression des 15 dernières minutes. Malgré leurs essais, ça reste vain à l'image de ce tir d'Henry repoussé par une main involontaire qui n’a pas été sifflée. Les Hollandais montrent à nouveau qu'ils sont redoutables. A la 59e, c'est Van Persie entré deux minutes plus tôt qui pose le 2-0 : un superbe décalage de Von Nistelroy puis une passe de Robben, le joeur d'Arsenal réduit les chances de la France. Les Français reprennent espoir avec le but d'Henry à la 71e sur une petite déviation. Espoir de très, très courte durée.

Les redoutables Bataves sur une puissante frappe de Robben reprennent deux buts d'écart à la 72e. 3-1. Cette fois ci les Français n'y croient plus. Et les Hollandais les achèvent dans les arrêts de jeu avec Sneijder. 4-1. C'est fini, les Bleus sont défaits. Une question: pourquoi ne pas avoir fait entré Nasri et Benzema au lieu d'un Gomis très peu efficace? Les Français n'ont pas démérité dans leur défaite. Mais ils ont perdu et sévèrement. Surtout et c'est les premières réactions à chaud, les Hollandais nous ont offert une superbe démonstration de football. Henry dans sa déclaration de fin de match traduit bien ce sentiment: " Sur la physionomie du match c'est dur. On n'a pas mal joué. On a fait un meilleur match que contre la Roumanie. " Ce soir, les Bleus n'ont plus tout à fait leur destin en main puisque leur qualification dépend du résultat de la Roumanie contre les Pays-Bas. On peut se dire que les Néerlandais joueront avec une équipe B, certains d'être qualifiés et que les Roumains tenteront jusqu'au bout leur chance.

Mais il faut d'abord battre l'Italie. La Squaddra Azzura, qui est elle aussi dans une période difficile, voudra elle aussi sauver l'honneur. Surtout contre la France. Vice-champions contre champions du monde. Qui sera le plus fort mardi soir ? Certainement l'équipe qui aura le plus récupérée sur le plan psychologique et de la confiance."

L'avenir de notre équipe dépend d'un si"

Maxime Marchon, étudiant à Sciences-Po (Aix-en-Provence), nous livre ses commentaires après la défaite des Bleus.

Le navire France hier soir littéralement sombré. De toute ma vie de fan de foot de salon, je ne me remémore pas avoir déjà vécu une si lourde une telle défaite des Bleus.

Les Pays-Bas ont eu à mon sens 100% de réussite. Même s'ils ont largement dominé les premières vingt minutes, la France s'est ensuite bien reprise. Les joueurs français méritaient largement d'égaliser. Mais ils avaient en face d'eux un Van der Sar héroïque, qui sauva son équipe à de nombreuses reprises, notamment sur la reprise de Govou le long du poteau gauche.

De même, en deuxième mi-temps, l'équipe de Raymon Domenech a montré de belles choses en attaque, mais sans jamais réussir à concrétiser leurs actions. Ce fut la principale différence entre les deux équipes. Car en ce qui concerne la défense tant des Oranje que des Bleus, elles firent preuves de carences, laissant beaucoup d'espaces aux attaquants adverses.

Aujourd'hui l'avenir de notre équipe dépend d'un si. A savoir si la Roumanie perd contre l'équipe de Hollande B. Et il me paraît très difficile de battre cette équipe bien en place des Carpates, qui est passé à un penalty de la victoire contre les Champions du monde italien.

Les Bleus ont laissé passer leur chance et ils risquent fort de le regretter."

« Bern baby Bern » - Retour sur la décennie 1970 du football

Mark Owen, journaliste-présentateur et Willy Bracciano, journaliste reporter d'images sont à Bern pour couvrir le match France - Hollande.

Il y a un bar, sur la place du Casino de Berne, sur lequel est accrochée une banderole. On peut lire « Bern baby Bern ». Effectivement, la France a joué avec le feu contre les Hollandais.

Elle s'est même brûlée les doigts. « Burn baby burn », c'est le refrain du tube « Disco inferno », interprété par les Trammps , des musiciens « groovy » de New York.

The Trammps Disco Inferno

 

Postée par darbonens le 03 juin 2007

Cette chanson a été initialement chantée par les Trammps en 1976 - juste après ce qui fut sans doute l'apogée de l'équipe nationale hollandaise. Dirigée par le talentueux et génial Johan Cruyff, la Hollande a été violemment malmenée par l'Allemagne de l'Ouest (RDA) en 1974, en finale de la Coupe du monde.

Avec une équipe étonnamment douée, le style hollandais est devenu célèbre en tant que « football total ». C'était la première fois que des défenseurs s'élançaient en attaque, et que des attaquants prêtaient main forte à la défense. Les Hollandais avaient tout simplement réinventé le football.

L'équipe hollandaise qui a battu la France 4 à 1 est donc une sorte de retour aux sources. Les gens parlent d'un retour de l'époque des Ruud Gullit et Marco van Basten, avec leur équipe victorieuse à l'Euro 1988. C'était une équipe basée sur le collectif, et centrée autour d'une défense massive, avec les deux attaquants cités plus haut.

L'équipe de 2008 fait mieux. Avec plus de combinaisons possibles pour l'attaque. Wesley Sneijder est-il le meilleur des milieux de terrain de la compétition ? C'est en tout cas lui qui a marqué le quatrième but face à la France.

OK. Et la France. Ensuite ? Bon, ça devient de plus en plus serré pour réussir à se qualifier. Si gagner, c'est le meilleur moyen de s'en sortir, quid des français, désormais ?

Le monde semble s'abattre sur l'entraîneur Raymond Domenech, mais les matches se perdent d'abord sur le terrain. Les performances des joueurs ont été bien médiocres, face aux Roumains. Et c'était déjà mieux, face aux Hollandais, en dépit du score final.

Mardi prochain, quand bien même la France battrait l'Italie, tous les regards resteraient fixés sur l'autre match du groupe. Hollande - Roumanie. Est-ce que les Hollandais, d'ores et déjà qualifiés, vont lever le pied ? Les Roumains vont jouer pour gagner et pour rester dans la course de l'Euro 2008. Je ne vais pas vous faire un dessin ? A Zurich, en tout cas, il faudra savoir se changer les idées.

Retour aux Hollandais. Le moral de leurs fans est époustouflant. Ils ont au moins fait doubler la population de Berne pendant l'Euro. J'ai même rencontré un ancien joueur du Liverpool FC, un Hollandais, présent en tant que supporter de son équipe nationale. Pas de suite réservée par les sponsors, pas de ticket VIP, comme tout le monde. Erik Meijer était avec ses potes - on le félicite !

Nous verrons bien si la comparaison de cette équipe avec celle de Cruyff tient bon. Il faut s'attendre à de grosses moustaches touffues, des pantalons pattes d'éph', et des favoris interminables pour faire un come back à la hollandaise. Nous surveillerons ça de près."