ETATS UNIS

Les vétérans d'Irak soignés avec des jeux vidéo

L'armée américaine a créé un monde virtuel qui ressemble à l'Irak pour y guérir ses vétérans de leur névrose post-traumatique. Mais revivre cette violence, même dans un jeu vidéo, aide-t-il vraiment les soldats à dépasser leurs angoisses ?

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L'armée américaine a créé un monde virtuel qui ressemble à l'Irak pour y guérir ses vétérans de leur névrose post-traumatique. Mais revivre cette violence, même dans un jeu vidéo, aide-t-il vraiment les soldats à dépasser leurs angoisses ?

Virtual Iraq est l'un des trois jeux vidéo créés par le Pentagone pour soigner ses soldats en leur faisant revivre certaines expériences traumatisantes auxquelles ils ont été confrontés : embuscade, camarade blessé, arrestation de civils, etc.. Mais, à la différence de ce qu'il a vécu au combat, le soldat n'est jamais autorisé à se servir de son arme. Virtual Iraq est actuellement testé par le département de la Défense américain, qui affirme qu'il pourrait être utile à 20 % des vétérans d'Afghanistan et d'Irak.

"[They] could easily decide that they would rather be dead than have to go back to those harrowing nightmares"

Andy a servi dans l'armée britannique pendant neuf ans. Depuis une mission en Bosnie, en 1993, il souffre de névrose post-traumatique. Il s'occupe aujourd'hui d'un site d'information sur ce syndrome à destination des militaires. Aujourd'hui encore, il souffre de cauchemars, de crises d'angoisses et de paranoïa. Il explique que les sentiments de honte et de culpabilité qu'il ressent l'ont conduit plusieurs fois au bord du suicide.

Ce genre de jeu peut être efficace dans certains cas. Mais si vous êtes un vétéran et que l'on vous remet dans ce type de situation, sans assistance, cela peut aussi vous déstabiliser complètement et détruire le petit monde protecteur que vous vous étiez créé. Sans cette carapace qu'il s'est construit, le soldat peut préférer la mort plutôt que de laisser revenir ses cauchemars.

Il m'arrive encore de penser qu'il serait mieux que je sois mort là-bas. Je n'aurais pas eu à vivre cet enfer toutes ces années. La thérapie comportementale cognitive [CBT] m'a aidé à gérer mon quotidien, à contrôler mon angoisse et à comprendre comment ma psychologie a été affectée. Mais mon angoisse et certaines émotions profondes sont toujours là. Je ne veux pas [en jouant à ce jeu] briser le fragile équilibre que je me suis créé."

 

 

Images de KNX 1070 Radio (Etats-Unis).

Posté le 26 avril 2008.