FRANCE

PSG : les Boulogne Boys persistent et signent

La bannière déployée au stade de France lors de la finale PSG-Lens le 29 mars. Le ministre de l’Intérieur français a annoncé jeudi dernier la dissolution des Boulogne Boys, le groupe de supporters du PSG responsable de la fameuse banderole « anti-ch’tis » (voir photo). Des membres des Boulognes Boys réagissent à cette dissolution et rappellent que des bannières bien plus agressives sont régulièrement brandies dans d’autres stades de Ligue 1.

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La bannière déployée au Stade de France lors de la finale PSG-Lens le 29 mars.

Le ministre de l'Intérieur français a annoncé jeudi dernier la dissolution des Boulogne Boys, le groupe de supporters du PSG responsable de la fameuse banderole « anti-ch'tis » (voir photo). Des membres des Boulogne Boys réagissent à cette dissolution et rappellent que des bannières bien plus agressives sont régulièrement brandies dans d'autres stades de Ligue 1.

La banderole insultant les cht'tis avait été affichée lors de la finale de la Coupe de France entre Lens et le PSG, le 29 avril, jouée en présence de Nicolas Sarkozy. Outre la dissolution des Boulogne Boys, une enquête est également en cours pour identifier et punir les supporteurs qui ont introduit la bannière dans le stade.

Nous publions, en bas de ce billet, les photos des pires banderoles affichées ces dernières années dans les stades de l'Hexagone. ENVOYEZ NOUS VOS PHOTOS DE BANDEROLES : OBSERVERS AT FRANCE24.COM

 

Les pires banderoles de ligue 1

Par les supporters du PSG, après la polémique sur la banderole anti-ch'tis.

Contre Le Havre.

Par des supporters de l'OM.

Contre les supporters de Sedan.

Par des supporters du PSG, au moment du départ de George Weah du club parisien.

Par des supporters lyonnais, contre les stéphanois.

Par des supporters du PSG, contre l'OM.

Par des supporters stéphanois, contre l'Olympique lyonnais.

Contre Le Havre.

Par des supporters niçois, contre l'ex joueur de l'OM Franck Ribéry.

Par des Lyonnais, contre les Stéphanois.

"Qui va maintenir l’ordre dans la tribune" ?

Julien, 23 ans, supporter du PSG, était présent dans la tribune des Boulognes Boys le soir où la banderole anti-ch’tis a été déployée.

J’étais dans la tribune des Boulogne Boys lors de la finale de la Ligue (PSG-Lens). J’étais assis quelques rangs derrière la banderole, mais je ne la voyais pas, comme beaucoup de monde dans la tribune. Je ne l’ai découverte que le lendemain dans les médias. Elle a apparemment été faite par des membres des Boys, mais à l’insu des responsables de l’association. Ils ne peuvent pas contrôler les faits et gestes de tous leurs adhérents. Ils sont des centaines !

C’est vrai qu’ils ne parviennent pas à tout contrôler et à empêcher certains dérapages, comme cette banderole. Mais en supprimant les Boulogne Boys, les autorités perdent un organe de contrôle et un intermédiaire. L’association, au-delà d’organiser l’aspect festif des matchs, impose un cadre juridique à ses adhérents. Adhérer au Boulogne Boys, c’est accepter leurs règles.

Au cours de nombreux matchs, j’ai vu les responsables des Boys expulser des gens qui se comportaient ou parlaient mal. Maintenant, je ne sais pas qui va maintenir l’ordre dans la tribune. Je ne sais pas ce qu’il va se passer. Avec la dissolution de l’association, les membres deviennent des indépendants, des personnes incontrôlables".

 

"Lyonnais, Lyonnais, on t’encule"

Des supporters du PSG au passage du bus transportant des joueurs Lyonnais.

Posté le 14 juin 2004 par "potopsg49"

 

 

"Je peux en citer beaucoup et des pires [des banderoles]"

Alexis Tgelvelis, auteur d’un mémoire intitulé "Les supporters du PSG : Entre spectateurs, ultras et hooligans".

Des banderoles de ce type, il y en a depuis des années et à tous les matchs. Je peux en citer beaucoup et des pires. Je me souviens d’un match opposant le PSG à Bordeaux. Les supporters des Girondins avaient affiché "Les boys on les vole, les girls on les viole". Les Girls, qui rassemble les supportrices membres des Boulogne Boys, ont répondu avec une autre banderole : "Encore faut-il que vous bandiez".

Celle sur les Ch'tis n’était pas plus choquante. Elle était juste vulgaire. Il faut la replacer dans son contexte. Ce n’était pas une manifestation, ni un rassemblement de nazillons. C’était un match de football. On en a fait la une des médias pour éviter de traiter de sujets plus graves. Le football est un cache-misère. Je me demande sincèrement pourquoi les différentes chaînes de télévision ont choisi d’ouvrir leurs journaux avec ce fait-divers, alors qu’au même moment les membres de l’Arche de Zoé étaient graciés. D’autant que France 3 avait soigneusement évité de la montrer pendant la retransmission du match. Je m’interroge sur la volonté cachée derrière ce buzz médiatique".

"Boys un jour, Boys toujours"

Cédric, membre des Boulogne Boys.

Cette dissolution est aberrante. Les BB85 [Boulogne Boys] n’ont eu qu’un seul objectif, depuis leur création il y a 23 ans : soutenir et encourager le Paris-Saint-Germain. Certes, nous prenons des positions qui ne sont pas toujours très politiquement correctes. (…) Il me semble injuste de dissoudre les Boulogne Boys à cause d’agissements de certains de ses membres. Cette banderole fût certes en partie peinte dans nos locaux [l’association des Boulogne Boys affirme le contraire], mais il ne s’agit en rien d’une opération lancée par les Boulogne Boys. Ce soir, c’est tout le kob [toute la tribune Boulogne] qui pleure la plus ancienne association de supporteurs de France… Boys un jour, Boys toujours".