ETATS-UNIS

Débat Obama-Clinton : "Le port d’armes… ils ont vraiment tourné autour"

Obama et Clinton se sont affrontés hier soir lors d’un dernier débat télévisé. L’enjeu : s’attirer les faveurs des "blue-collars" (ouvriers) de Pennsylvanie, dernier gros Etat des primaires démocrates. Nos Observateurs dans cet Etat commentent ce débat et reviennent sur les accusations "d’élitisme" portées contre Obama.

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© ABC News

Obama et Clinton se sont affrontés hier soir lors d’un dernier débat télévisé. L’enjeu : s’attirer les faveurs des "blue-collars" (ouvriers) de Pennsylvanie, dernier gros Etat des primaires démocrates.

C’est en Pennsylvanie que se joue peut-être cette fin de primaires démocrates. Obama, pourtant en tête de la course aux délégués, a commis le 6 avril une erreur qui peut lui coûter cher dans cet Etat où les classes populaires sont majoritaires. Il a en effet déclaré, lors d’un meeting à San Francisco, qu’en Pennsylvanie "les gens deviennent amers, ils s’accrochent aux armes, à la religion, à un sentiment anti-immigré pour exprimer leur frustration". Une remarque qui lui a valu le qualitatif d’élitiste de la part de Clinton, une critique qui semble avoir touché les électeurs de Pennsylvanie et qui était au centre du débat d’hier.

"[les gens] ne peuvent plus payer d’assurance maladie pour eux et leur famille, alors que c’est un service gratuit pour les immigrés"

Sandra Miller dirige une petite exploitation d’agriculture biologique à Cumberland, en Pennsylvanie :

Je suis née et j’ai toujours vécu en Pennsylvanie. Ma famille fait même partie des familles fondatrices de cet Etat. Et pourtant je trouve qu’Obama a raison à 100% : les gens ici sont amers et ils s’accrochent en effet à leurs armes et à la religion.

Lors du débat, Clinton a insisté sur ses racines familiales en Pennsylvanie. Sur son grand-père qui a travaillé toute sa vie pour payer l’éducation de ses enfants. Mais les ouvriers ici perdent leur travail et ne peuvent plus payer l’école de leurs enfants. Les gens mettent ça sur le dos des immigrés, des entreprises sans syndicat, des accords commerciaux internationaux (comme l’ALENA). Ils ne peuvent plus payer d’assurance maladie pour eux et leur famille, alors que c’est un service gratuit pour les immigrés. (…)

Ca m’a fait du bien d’entendre les deux candidats reconnaître que le développement économique de la Chine et de l’Inde pèse sur le marché du pétrole et que les Etats-Unis, pour rester indépendants, doivent absolument investir dans les énergies alternatives.

Le débat d’hier s’est concentré sur la question des taxes, du port d’armes, de l’économie. Mais ils n’ont pas du tout abordé l’actuelle crise de la nourriture et la récente loi sur l’agriculture. Or, en tant qu’agricultrice, j’ai pu me rendre compte que les questions abordées lors de ce débat ont un impact direct sur ma vie et ma capacité à produire de la nourriture.

Enfin, dans l’ensemble, j’ai trouvé que les deux candidats disaient à peu près la même chose sur les défis que nous avons à affronter.

"Aucun (…) ne m’a vraiment convaincu qu’il pouvait devenir le commandant en chef"

Peter Loftus est un vétéran de la guerre du Vietnam. Il est avocat à Scranton, une ville du nord de la Pennsylvanie d’où est originaire la famille d’Hillary Clinton.

Je pense que Clinton a gagné ce débat. Obama n’a pas réussi à faire passer son message. Mais aucun des deux candidats ne m’a vraiment convaincu qu’il pouvait devenir le commandant en chef de l’armée américaine. Quant au débat sur le port d’armes… ils ont vraiment tourné autour. Ils tiennent dans tout le pays des propos anti-armes. Mais quand ils arrivent ici, où nous avons le plus grand nombre d’adhérant à l’Association nationale des armes (NRA), ils ne veulent plus en parler.

Pour ce qui est du commentaire d’Obama [sur les gens qui « s’accrochent à la religion » et aux « armes », etc.]. Nous ne nous sommes pas sentis insultés. Mais nous n’achetons pas des armes parce que nous sommes amers. Tout le monde en a ici ! Rien à voir avec la religion, c’est surtout pour la chasse. Et si les gens sont plus religieux, c’est parce qu’il y a beaucoup d’Irlandais, d’Italiens et de Polonais. Ce qui a d’avantage choqué les gens ici ce sont les mensonges de Clinton sur son séjour en Bosnie. Quand on s’est fait tirer dessus, on s’en souvient.

Ici, les gens sont divisés entre ces deux candidats. La Pennsylvanie est un Etat qui vote traditionnellement démocrate. Mais beaucoup de gens pourraient passer côté républicain cette fois. On parle beaucoup de McCain ici. Si l’Etat tourne républicain, ce sera un coup très dur pour les démocrates. "

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