ETATS-UNIS

Google décroche en bourse : la fin du mythe ?

La cote des actions Google depuis le 2 avril 2008 L'action de Google a perdu 38% par rapport à son plus haut l'an dernier. Et, pour la première fois, le nombre de clicks sur ses "Google Ads", la vache à lait de la société californienne, plafonne aux Etats-Unis. Des analystes financiers tirent la sirène d'alarme.

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La cote des actions Google depuis le 2 avril 2008

L'action de Google a perdu 38% par rapport à son plus haut l'an dernier. Et, pour la première fois, le nombre de clicks sur ses "Google Ads", la vache à lait de la société californienne, plafonne aux Etats-Unis. Des analystes financiers tirent la sirène d'alarme.

"Nous avons maintenant des outils pour vérifier le retour sur investissement des Google Ads"

Hussein Sarhdaoui dirige Re-mind, une agence média spécialiste d'Internet et des Google ads :

Google Ads est un système très récent, qui n'a vraiment explosé qu'en 2006. Les annonceurs ont mis du temps à s'adapter et à maîtriser cet outil. Au départ, ils voulaient tous être les mieux positionnés sur quelques mots clefs. Et comme c'est un système d'enchères, ils se retrouvaient à payer leurs mots-clefs trop cher. Ca n'était pas rentable. Nous avons maintenant des outils pour vérifier le retour sur investissement des Google Ads. Et les annonceurs peuvent donc savoir quel est le bon prix à payer pour un mot-clef.

 

Et puis je pense que Google est prêt à brader ses services pendant un moment. Et qu'ils s'en fichent de décevoir momentanément les marchés. Ils se croient au-dessus de ça, car ils pensent avoir une vision à long terme. Leur stratégie est de recueillir des montagnes de données sur leurs clients, c'est-à-dire les annonceurs, et sur les internautes. Car l'entreprise sait qu'à terme, c'est un pari gagnant. Les agences médias, comme nous, mais aussi les annonceurs, seront bientôt dépendants de Google et de la mine d'information sur les internautes dont cette société dispose."

 

"Google n’est absolument pas transparent"

Benoît Flamant est directeur de la société de gestion IT asset management, spécialisée dans les valeurs boursières technologiques :

Google subit un vrai décrochage en bourse. Nous avons nous aussi vendu nos actions en début de trimestre. Les fondamentaux de la société n'ont pas changé et ils me semblent bons. Mais le marché a plusieurs inquiétudes sur cette société.

Tout d'abord, ils ont fait un certain nombre d'investissements lourds qui pour l'instant ne rapportent pas grand-chose. Par exemple, ils ont acheté YouTube pour 1,65 milliards de dollars, mais nous n'avons aucune visibilité sur l'évolution du chiffre d'affaire de cette entreprise. Et j'ai le sentiment qu'elle ne rapporte pas beaucoup.

La crise financière que nous traversons aura un impact sur cette société. En particulier parce que les secteurs de l'immobilier et du courtage sont de gros annonceurs pour Google. Et il est probable que leurs budgets publicitaires se réduisent.

Google n'est absolument pas transparent sur son mode de fonctionnement et sur ses résultats. Cette société fournit très peu d'informations aux analystes financiers. Ces derniers n'ont pas rué dans les brancards tant que l'action Google montait. Mais si elle continue de baisser, ils vont exiger que Google soit plus transparent et qu'il respecte les règles du marché. Un exemple frappant : Google est l'une des très rares sociétés à ne pas fournir de prévisions sur ses résultats. Il est vrai que ce type de prévision est toujours hasardeux, mais ce sont des données importantes pour les analystes, qui ne peuvent pas investir uniquement sur un mythe.

Enfin, Microsoft a décidé de tuer Google. Car le géant américain craint pour sa propre survie. Il voit notamment que Google s'attaque aux logiciels de bureautiques, qui constituent l'une de ses sources principales de revenus. Or nous savons que Microsoft est une société qui n'abandonne jamais, même sur des secteurs, comme Internet, où ses résultats sont mitigés. Et c'est une société qui fait un chiffre d'affaire presque cinq fois supérieur à Google. Avoir un tel ennemi n'est pas une bonne chose.

Google est toujours, selon moi, une entreprise solide et innovante. Mais si les marchés perdent confiance en cette entreprise, elle peut se retrouver en difficulté."