CHINE

Vent de panique chez les petits porteurs chinois

L'indice composite de la Bourse de Shangai, qui a déjà perdu 40 % ces cinq derniers mois, a chuté de 4 % ce mardi. Le gouvernement chinois avait pourtant affirmé que le pays ne pouvait pas être touché par la crise des "subprimes", car les Etats-Unis sont "bien loin". Les petits porteurs s'inquiètent de la propagation de cette crise financière.

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L'indice boursier Shangai Composite, qui a déjà perdu 40 % ces cinq derniers mois, a chuté de 4 % ce mardi. Le gouvernement chinois avait pourtant affirmé que le pays ne pouvait pas être touché par la crise des "subprimes", car les Etats-Unis sont "bien loin". Les petits porteurs s'inquiètent de la propagation de cette crise financière.

Le marché chinois est à son plus bas depuis huit mois, et il a perdu les deux tiers de sa valeur par rapport à son pic d'octobre 2007. Le gouverneur de la banque centrale chinoise, Zhou Xiaochuan, a tenté de dissiper les inquiétudes en expliquant que cette crise n'était qu'une "rumeur". Il a balayé d'un revers de main la crise des "subprimes", en expliquant que les Etats-Unis étaient "bien loin" et qu'il était préférable de ne pas parler de "leurs problèmes" au sein du Parlement chinois.

La chanson du petit porteur "Monsieur Zhang"

 

Je suis les marchés de 9 h 30 à 15 h.

Je travaille beaucoup.

(...)

Je n'ai jamais été membre de Falun Gong [secte interdite en Chine] ou un criminel.

Je soutiens le parti communiste et j'ai toujours payé mes impôts.

Mais comment faire pour m'en sortir en Bourse ? (...)

Où est mon argent ? Il est tout proche, mais je ne peux pas le toucher.

A l'automne, le vent a soufflé sur le marché et sa force s'est envolée.

Il s'est soudain effondré comme une chute d'eau.

Mon cœur battait si vite, puis il s'est brisé...

Comment punir les actionnaires qui ont commis des fraudes ?

Des courtiers pourris ont été pris, mais les responsables n'ont pas été punis. (...)

En Bourse, l'information est importante, mais je n'y ai pas accès.

Ils ne font que des promesses. (...)

Qui peut m'aider : Gann, Bollinger ou Buffet ? (...)

Ce n'est ni une banque ni un casino.

C'est notre Bourse en développement.

Je ne suis pas un homme particulièrement ambitieux.

Mais je peux aider au développement de mon pays.

J'ai un rêve et une grande volonté.

Je ne suis qu'un Monsieur Zhang parmi des millions de petits porteurs. (...)

"Les jeux olympiques ne vont pas inverser la tendance"

Le commentaire de l'économiste de Pékin Han Zhiguo, publié le 12 mars sur ce blog :

Le marché chinois est dans une passe très difficile. Après deux mois à jouer les montagnes russes, il semble au bord du précipice. Déjà, quand les conditions sont bonnes, seuls ceux qui réagissent très vite gagnent de l'argent. Ceux qui ne vendent pas à temps sont perdants. L'évolution des marchés ne répond plus à aucune loi. On ne peut qu'essayer de deviner ce qui va se passer.

Début janvier, quand la situation de l'économie mondiale s'est dégradée, j'avais appelé le gouvernement et les économistes à secourir les marchés car le danger était imminent. Mais aucune décision n'a été prise. Ils ont hésité trop longtemps. Et maintenant la crise nous a touchés. Les JO vont-ils nous sauver ?

Malheureusement, ce ne sera pas le cas. Les règles de l'offre et de la demande ont changé. La Bourse a déraillé. Les JO ne vont pas inverser la tendance. Après une année de crise, on ne peut pas espérer que l'économie redémarre d'un coup. Cela fait six mois que les actionnaires ne touchent pas de dividendes. Quelques réformes ne suffiront pas, ils faut rendre les actions attractives de nouveau. Sinon, une fois les jeux olympiques passés, les marchés se replieront et nous serons à nouveau au bord de l'abîme."