Photo prise a Lhassa aujourd'hui


Des images des violences à Lhassa, la plupart prises avec des téléphones portables, nous arrivent au compte goutte. Nous avons demandé à une jeune militante tibétaine de nous expliquer comment les Chinois parviennent à censurer aussi efficacement les informations sortant du pays.

Actualisation (13 mars / 19h10) : Les images des incidents sont d'abord venues d'amateurs, notamment de touristes. Les Observateurs a été le premier site d'information à les publier. De nouveaux clichés ont maintenant été diffusés par les agences de presse, leurs journalistes ayant finalement réussi à faire sortir leurs documents du pays.

Photo prise avec un téléphone portable

Photo prise a Lhassa aujourd'hui. Source : http://gangkyi.com/

"Tous les médias nous demandent des preuves de la répression. Et il est impossible de leur en donner"

Lhadon Tethong, une jeune canadienne de père tibétain, est directrice de l'association des étudiants pour un Tibet libre (Students for a Free Tibet). Elle est actuellement à Dharamsala, dans le nord de l'Inde, où se trouve le siège du gouvernement tibétain en exil.

Nous n'arrivons plus à joindre nos contacts au Tibet depuis ce matin. Les Chinois sont parvenus à bloquer toute information venant de l'intérieur. Il semble qu'ils aient fermé tous les points d'accès à Internet et coupé le réseau téléphonique, au moins les téléphones portables. Voici comment ils s'y prennent pour contrôler l'information.

Ils jouent sur la peur. Les Tibétains savent que faire sortir une photo, ou même téléphoner à l'étranger, peut les mener tout droit en prison. En temps normal, déjà, on peut être arrêté pour la possession d'une simple photo du Dalaï Lama.

Ils contrôlent ensuite complètement l'Internet et le téléphone. Au Tibet, pour entrer dans un cybercafé, il faut fournir sa carte d'identité. Idem pour acheter une carte de téléphone. Et les lignes téléphoniques sont de toute façon sur écoute. Il m'arrive souvent d'entendre les policiers chinois quand je téléphone à mes contacts. Ils ne se cachent pas, car ils veulent nous intimider.

Ce qui est le plus déprimant, c'est que tous les médias nous demandent des preuves de la répression qui s'abat actuellement sur Lhassa. Et il est impossible de leur en donner. Il y a des tas de rumeurs sur ce qu'il se passe. Il semblerait notamment que la police ait tiré sur les manifestants, on parle aussi d'une jeune fille de 16 ans qui serait morte. Mais on ne peut rien prouver."

Photos de téléphone portable : aujourd’hui, à Xiahe, la ville de la province de Gansu où se situe le monastère de Labrang.