FRANCE

Prêts à tout pour un logement étudiant

Le syndicat étudiant Unef a lancé mi-février une campagne choc pour réclamer la construction de logements universitaires. Des étudiants nous racontent leur galère pour se loger dans la capitale. "Damien et Mélanie, 22 et 23 ans, habitant chacun chez leurs parents."

Publicité

Le syndicat étudiant Unef a lancé mi-février une campagne choc pour réclamer la construction de logements universitaires. Des étudiants nous racontent leur galère pour se loger dans la capitale. Selon une étude de l’Observatoire de la vie étudiante, un tiers des étudiants peine à trouver un logement. 42 % vivent dans un logement familial (37 % chez leurs parents), 14 % en résidence collective (Cité U, foyer), 31 % seuls ou en couple, et 7 % en colocation. Suite au coup de gueule de l’Unef, et au travail d’autres associations, la question du logement étudiant a pris une place prépondérante dans la campagne pour les élections municipales qui se tiennent le 9 mars prochain.

"Bien que je sois boursière, ma demande de chambre en résidence universitaire a été rejetée"

Aude Leroy, 19 ans, étudiante en 1ère année d'administration économique et sociale (AES) à la Sorbonne (Paris) :

J'ai fini le lycée à l'étranger. Quand je suis rentrée en France et que ma mère s'est installée à Toulouse, j'ai préféré postuler à la Sorbonne. J'ai perdu mon père quand j'étais petite et ma mère travaille dans l'associatif. C'est donc mon oncle qui m'aide financièrement. Il me donne à peu près 400 euros par mois. Je reçois également une bourse du Crous [organisme d'aide aux étudiants] de 330 euros par mois sur neuf mois.

Bien que je sois boursière, ma demande de chambre en résidence universitaire a été rejetée. En réalité, il y a tellement peu de chambres que seuls les étudiants plus âgés, à partir du Master, y ont droit. Je suis donc monté à Paris un mois avant le début des cours pour chercher un appartement. Je squattais chez une copine.

Mais il est quasiment impossible de trouver un appart' quand on est étudiant. Je n'apportais pas de garanties financières suffisantes. Et les agences demandent de payer trois mois de loyer d'avance, ce qui est impossible pour moi.

Finalement, j'ai abandonné. Je loue une chambre à une de mes tantes qui habite Paris. Ca n'est pas l'idéal, car il est plus difficile d'inviter des amis. Et puis je vais devoir quitter l'appartement cet été, car ma tante le loue à des Américains. Enfin, je ne me plains pas, car au moins je connais la personne avec qui j'habite et ça se passe plutôt bien."

La campagne, sur un mur de la fac de Lille

"Certains prétendent que les étudiants n'ont pas de problèmes de logement.

Damien et Mélanie, 22 et 23 ans, habitant chacun chez leurs parents."

"Ma fac est à trois heures en train"

Cécile Diez, 20 ans, étudiante en deuxième année d'Administration économique et sociale (AES) à l'université de Versailles/Saint Quentin :

J'ai été sectorisée à l'université de Versailles. Mes parents habitent en banlieue, mais très loin. Je mets donc 1h40 en train pour aller à la fac. J'ai essayé d'avoir une place en Cité U, mais on m'a dit que je ne répondais pas aux critères. J'ai aussi tenté de louer un appart'. Mais les prix sont prohibitifs et je n'ai pas les moyens de payer les trois mois de caution. Mes parents sont infirmiers et ils doivent déjà payer les études de l'une des mes sœurs, qui fait médecine. Ils ne peuvent rien me donner. J'ai dégotté un poste de pion et je travaille dans une boulangerie le dimanche. Je me fais 750 euros par mois, mais ça n'est pas suffisant pour louer près de Versailles. J'avais trouvé un bon plan : j'ai logé pendant quelques mois dans l'appartement de personnes qui étaient parties à l'étranger. Mais elles sont revenues et je me retrouve de nouveau à faire trois heures de train par jour ".