TURKMENISTAN

Le Turkménistan coupe le gaz à l’Iran

Cela fait deux semaines que le Turkménistan ne fournit plus de gaz à l'Iran. Les gazoducs sont vides et chaque camp se raidit sur ses positions.  

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Cela fait deux semaines que le Turkménistan ne fournit plus de gaz à l'Iran. Les gazoducs sont vides et chaque camp se raidit sur ses positions. Ashgabat continue d'affirmer que cette suspension est due à un travail de maintenance (mais qui va faire ce genre de travail au milieu du pire hiver qu'a connu le pays en une décennie ?), mais avertit également qu'elle ne rouvrira pas les vannes si les Iraniens ne paient pas leur dette.

La position de Téhéran est très différente. Elle a été résumée par Bruce Pannier, de Radio Free Europe : Les officiels iraniens ont dit clairement que le désaccord portait sur les prix. Le ministre iranien pour le Pétrole et le Gaz, Gholamhossein Nozari, a rappelé que les discussions sur l'augmentation du prix du gaz, de 75$ à 104$, ne reprendraient que si les livraisons reprenaient elles-aussi. Dans le cas contraire, les Iraniens ne paieraient pas pour le gaz déjà livré.'

Les seuls à connaître les vrais raisons du conflit sont les officiels d'Ashgabat. Mais les commentateurs ont déjà échafaudé plusieurs théories. Ils parlent par exemple de pressions exercées par Washington pour que le président turkmène, Berdymukhammedov, prenne des mesures hostiles envers Téhéran. D'autres affirment que le problème est en réalité celui des droits de la minorité qui habite dans le nord de l'Iran. D'autres encore que les Russes sont derrière tout ça...

Les deux pays communiquent en ce moment non seulement par les canaux diplomatiques, mais aussi par médias interposés. Ce n'est pas pour tenir le public informé... Mais cela démontre que le conflit est profond et qu'il n'est pas prêt d'être résolu. »

Billet publié sur Neweurasia le 17 janvier 2008.