MAROC

Chasse aux gays à Ksar el Kébir

Des rumeurs autour d'un prétendu mariage gay, relayées par les médias locaux, ont provoqué une véritable chasse à l'homo à Ksar el Kébir, au Maroc. A l'origine du scandale, une fête privée organisée fin novembre par un homme qui entendait mettre en scène, selon le ministre de l'Intérieur marocain, "une vision dans laquelle une femme lui aurait demandé de s'habiller comme elle et d'offrir un présent au saint Sayed Al Madloum ". C'est une vidéo (ci-dessous) de la fête privée, postée sur Youtube, qui a mis le feu aux poudres. Plusieurs milliers d'habitants sont descendus dans les rues de Ksar el Kébir pour protester violemment contre "l'affront"fait à la ville et scander des slogans homophobes. Le 10 décembre, l'organisateur de la soirée a été reconnu coupable de "perversion sexuelle"et "commerce illégal d'alcool". Il a écopé d'une peine de 10 mois de prison ferme. Posez vos questions à notre observateur pour le Maroc, , et à présidente de l’Association marocaine des droits humains. Version postée le 1er décembre 2007

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Des rumeurs autour d'un prétendu mariage gay, relayées par les médias locaux, ont provoqué une véritable chasse à l'homo à Ksar el Kébir, au Maroc. A l'origine du scandale, une fête privée organisée fin novembre par un homme qui entendait mettre en scène, selon le ministre de l'Intérieur marocain, "une vision dans laquelle une femme lui aurait demandé de s'habiller comme elle et d'offrir un présent au saint Sayed Al Madloum ". C'est une vidéo (ci-dessous) de la fête privée, postée sur Youtube, qui a mis le feu aux poudres. Plusieurs milliers d'habitants sont descendus dans les rues de Ksar el Kébir pour protester violemment contre "l'affront"fait à la ville et scander des slogans homophobes. Le 10 décembre, l'organisateur de la soirée a été reconnu coupable de "perversion sexuelle"et "commerce illégal d'alcool". Il a écopé d'une peine de 10 mois de prison ferme.

Posez vos questions à notre observateur pour le Maroc, Larbi, et à Khadija Ryadi, présidente de l’Association marocaine des droits humains.

La vidéo de la fête à l’origine du scandale

Version postée le 1er décembre 2007

L’une des marches de protestation à Ksar el Kébir

Postée le 29 novembre 2007

Le commentaire de Khadija Ryadi, présidente de l’Association marocaine des droits humains

Un membre de cette association, reconnue au Maroc, avait signé une pétition demandant "l'ouverture d'une enquête officielle sur la célébration d'un mariage homosexuel ". Il a été rappelé à l'ordre par les responsables de l'AMDH, qui ont affirmé qu'il ne s'agissait que d'une initiative personnelle.

Cette affaire, à l'origine, est d'ordre privée, et elle devait le rester. Mais en se basant sur des rumeurs et des mensonges, les médias ont contribué à la faire enfler. Les islamistes l'ont ensuite largement instrumentalisé. Les domiciles des convives ont été attaqués, lors des manifestations, par une foule manipulée. L'organisateur de la fête et certains de ses invités ont été injustement condamnés, sans preuves, par une justice orientée. En fait, je crains que cette affaire ne fasse oublier les vrais problèmes de la société, c'est-à-dire la misère, l'illettrisme et l'injustice. En ce qui concerne le membre de l'AMDH qui signé la pétition, sa position ne reflète en rien la position officielle de l'association qui milite dans cette affaire pour le respect de la vie privée.Il a agi en son nom propre."

Posez vos questions à Khadija Ryadi