Pancarte codée, poème : des manifestants à l’épreuve de la censure en Russie

Le 13 mars, une vidéo montrant une femme se faire arrêter par la police lors d’une manifestation à Moscou contre la guerre en Ukraine est devenue virale. Elle ne tenait qu’une pancarte sur laquelle était écrit “deux mots”. Activatica, le média russe indépendant qui a filmé la scène, nous a envoyé une vidéo qui permet d’en savoir plus sur ce qu’il s’est passé avant cette vidéo. Une deuxième vidéo transmise par le média montre une autre femme arrêtée après avoir récité un poème pacifiste, preuve que ce cas est loin d’être isolé.

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Le 13 mars, en marge d’une manifestation contre la guerre en Ukraine à Moscou, une femme a tenu une pancarte sur laquelle est écrit “deux mots” en russe, une façon déguisée de dire “non à la guerre” (niet vaynié). La femme a immédiatement été arrêtée par la police comme nous l’expliquions dans cet article.

Le caméraman qui a filmé l’événement pour Activatica, un média russe militant contre la guerre, nous a envoyé une version plus longue, où l‘on voit que la femme ose à peine exprimer son opinion devant le journaliste.

Et c’est loin d’être le seul contenu de ce type : ce média nous a fait parvenir d’autres vidéos d’actes anti-guerre de manifestants russes. L’une delle montre une deuxième femme, plus âgée, réciter le début d’un poème pacifiste, avant d’être arrêtée à son tour. 

170 euros d’amende au lieu de 15 ans de prison

Lors de leur procès le 21 mars, les deux femmes ont été jugées pour “violation de l'ordre établi par un participant à un événement public” et “désobéissance à la police”. Elles ont reçu chacune une amende de 170 euros.

Mais si elles avaient utilisé le mot “guerre”, elles auraient pû être sanctionnées de lourdes peines. Depuis la loi signée par Vladimir Poutine le 4 mars, les personnes jugées pour diffuser des “fausses informations” sur l’armée russe sont passibles de 15 ans de prison. 

En Russie, les manifestants contre la guerre montrent alors des pancartes sans inscription ou des messages pacifistes déguisés, comme celui-ci.

L’ONG russe indépendante OVD-Info compte le nombre de manifestants arrêtés en Russie depuis le début de la guerre. A ce jour, elle en a dénombré plus de 15 000. 

>> À voir Les Observateurs : En Russie, les YouTubeurs tentent de déjouer la censure