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"Nos maisons vont bientôt s’effondrer" : en Irlande, des habitants s’inquiètent des dégâts causés par le mica

Au moins 6 000 maisons du comté de Donegal ont été touchées par des effondrements dus à l'utilisation du mica dans leur construction, selon le Groupe d'action contre le mica.
Au moins 6 000 maisons du comté de Donegal ont été touchées par des effondrements dus à l'utilisation du mica dans leur construction, selon le Groupe d'action contre le mica. © Observateurs

Depuis quelques années, des résidents du comté de Donegal, en Irlande, voient leurs maisons s’effondrer sous leurs yeux. En cause : le mica, un matériau avec lequel ces habitations ont été construits il y a une vingtaine d’années et qui se transforme en poussière avec le temps. Las de voir leurs maisons s’effriter – chaque jour un peu plus –, des habitants se sont mobilisés pour demander réparation au gouvernement.

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Le Groupe d'action contre le mica, un collectif d’habitants sinistrés, estime qu'au moins 6 000 maisons du comté de Donegal ont été touchées par ces effondrements. Des comtés voisins sont également affectés, avec environ 10 000 maisons endommagées.

"Je continue de payer mon hypothèque... Vous pensez qu’il s’agit d’un seul cas ? Il y en a des milliers comme ça... Et des familles y vivent", déplore cette habitante dans son tweet.

 

Après le passage de la tempête Barra début décembre, marqué par des vents violents et des inondations, Paddy Diver, un des chefs de file du mouvement de contestation contre l'utilisation du mica, a filmé une maison qui tombe en ruine (vidéo ci-dessous).

"La tempête Barra était peut-être l'actualité d'hier, mais la réalité du mica perdure pour nous tous, les familles. Dans l'ensemble, de nombreuses maisons ont tenu [...]. Voici quelques maisons qui ont résisté aux intempéries cette semaine", écrit Paddy Diver dans son tweet.

Michael Doherty est membre du Groupe d'action contre le mica. Il explique vivre dans la peur que sa maison s’effondre sur lui et sa famille.

Au milieu de la nuit, vous entendez parfois un craquement, et ce craquement devient plus fort, puis cela vous réveille immédiatement. Vous espérez que cette fissure n'est pas adjacente à une autre fissure déjà existante. Parce que si elles se rejoignent, vous pourriez avoir une catastrophe, et votre mur, puis votre toit peuvent s'effondrer. Nous avons des enfants qui ne peuvent plus dormir dans leur propre chambre. Ils veulent dormir dans la chambre de leurs parents.

J'ai construit ma maison il y a un peu plus de 20 ans, et tout s'est bien passé les sept ou huit premières années. Puis nous avons commencé à remarquer des fissures.

Et nous sommes vraiment, vraiment inquiets à l'approche de cet hiver. Nous pensons que des maisons vont bientôt s'effondrer.

Le gouvernement a proposé récemment aux propriétaires des indemnisations qui couvrent le coût des réparations. Cependant, ces remboursements sont plafonnés, et les personnes concernées doivent débourser des dizaines de milliers d'euros de leur poche.

Les propriétaires exigent un remboursement des réparations à hauteur de 100 %, ainsi qu'une enquête publique pour sanctionner les entreprises impliquées dans ces constructions.

Lundi 27 octobre, des milliers d’habitants se sont rendus pour la deuxième fois à Dublin pour protester contre les mesures du gouvernement, jugées insuffisantes.

"Ma prouesse personnelle a été d'emmener 30 000 personnes à Dublin DEUX FOIS, à cause de votre incapacité à écouter", écrit cet habitant.