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Nouvelle-Zélande : des influenceurs font revivre la langue et la culture maories

Une communauté grandissante utilise les réseaux sociaux pour promouvoir la langue et la culture maories.
Une communauté grandissante utilise les réseaux sociaux pour promouvoir la langue et la culture maories. © Observers France 24

De plus en plus de créateurs de contenus tentent d’apprendre et de faire revivre le "te reo maori" sur les réseaux sociaux, la langue indigène de Nouvelle-Zélande parlée par tout juste un quart de la population maorie du pays. 

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Connue en Nouvelle-Zélande sous le nom de "te reo" [la langue], la langue maorie a commencé à décliner avec l'arrivée des colons blancs européens au XIXe siècle. Dans les années 1950, elle était menacée de disparition, mais des campagnes menées par les aînés maoris et des initiatives gouvernementales lancées dans les années 1970 ont permis d'assister à un renouveau. Et c’est désormais également grâce aux réseaux sociaux que la langue et la culture maories connaissaient un regain d’intérêt et de visibilité. 

"Je suis toujours à la recherche de moyens innovants pour promouvoir la langue"

Parmi ses promoteurs, Sonny Ngatai, sur son compte TikTok. Dans l’émission des Observateurs, il explique comment il procède pour faire apprendre des phrases en maori à ses abonnés  :

Je suis un fervent défenseur de la revitalisation de 'te reo maori'. Je cherche constamment des moyens innovants pour célébrer et promouvoir la langue. Mes vidéos sont une petite entrée en matière qui, je l'espère, encouragera certains de mes abonnés à s'intéresser à ma langue maternelle. Pour ma part, j'ai beaucoup gagné à la parler. Les stations de radio et la télévision maories m’ont donné envie de partager ces vidéos. Je suis très chanceux car je récolte les fruits du travail effectué par ceux qui se sont battus pour la langue il y a de plusieurs années.

"Nous sommes à un point de bascule où les gens commencent à voir la valeur de la langue"

Notre rédaction s’est également entretenue avec Hemi Kelly, qui enseigne le "te reo maori" à l'université de technologie d'Auckland et par le biais de ses vidéos "Phrase a Day" sur Facebook :

J'ai d’abord publié des vidéos occasionnellement sur Instagram, puis ça s'est développé et c'est devenu viral. Le succès est peut-être dû au timing : j’ai commencé en plein milieu de la pandémie, les gens qui voulaient apprendre la langue avaient le temps de le faire. Je pense que les réseaux sociaux sont un outil que nous pouvons utiliser pour diffuser la langue auprès de tous ceux qui veulent l'apprendre, qu'ils soient maoris ou non. 

Ici, sur notre terre natale, il existe un lien profond avec la langue et la parler nous aide à mieux comprendre les oiseaux, les arbres, les lieux et les habitants de notre pays.

Je pense que cela permet aussi aux non-Maoris qui vivent en Nouvelle-Zélande de mieux comprendre l'endroit où ils vivent et son histoire. Pour les Maoris, c'est une expression de notre identité et de notre culture. Mes vidéos ont également suscité un intérêt en dehors de Nouvelle-Zélande : elles ont été visionnées depuis le Japon, les États-Unis et en Europe. Dans le passé, on n’a pas donné à cette langue la valeur qu'elle mérite ou on ne l'a pas reconnue correctement. Mais cela commence à changer.

Nous sommes à une sorte de point de bascule où les gens commencent à comprendre la valeur de la langue et son importance. 

Environ 25 % de la population maorie de Nouvelle-Zélande parle le "te reo maori" à un niveau intermédiaire. Ils sont seulement 9 % à le parler couramment. Au sein de la population non maorie de Nouvelle-Zélande, seul 1 % des habitants parlent cette langue.