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Iran : à Téhéran, un plan continu de deux minutes dans une rue de toxicomanes

Selon nos Observateurs, l'Iran fait face à un phénomène croissant d’addiction, de plus en plus visible dans les rues du sud de la capitale Téhéran.
Selon nos Observateurs, l'Iran fait face à un phénomène croissant d’addiction, de plus en plus visible dans les rues du sud de la capitale Téhéran. © Observateurs

En Iran, la pauvreté et la crise économique ont accentué l'addiction aux drogues dures d'hommes et de femmes souvent livrés à eux-mêmes. Une vidéo, un plan continu de deux minutes montrant des dizaines de toxicomanes dans une rue de Téhéran, en est un symbole révélateur. Face au fléau de la drogue, notre Observateur explique dans notre émission que les dispositifs d'accompagnement des personnes toxicomanes manquent. 

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Près de la place Shush, un des principaux carrefours du sud de Téhéran, la scène est devenue courante : des hommes et des femmes, souvent sans-abris, consomment des amphétamines ou s'injectent de l’héroïne, en pleine rue. La déo filmée dans ce quartier vient illustrer ce phénomène croissant d’addiction dans la capitale iranienne. 

Saeed Madani est sociologue et spécialiste des addictions : 

La raison de cette augmentation [de la toxicomanie, NDLR], c'est qu'il n'y a plus de traitements ni de services d'aide aux toxicomanes. En d'autres mots, dans notre politique publique, l'addiction a été "abandonnée à elle-même". Et il y a en ce moment des facteurs favorisant l'addiction, comme la pauvreté grandissante et les inégalités sociales. [...] Selon les estimations, entre 200 000 et 300 000 toxicomanes vivent dans des repaires, dans la rue. Et 10% d'entre eux sont des femmes. 

S'il existe bien des centres de désintoxication en Iran, leurs méthodes violentes et humiliantes sont souvent décriées et dénoncées grâce à la publication en ligne de vidéos témoignant des mauvais traitements qui y sont infligées aux personnes dépendantes aux drogues.

La plupart du temps, ces centres sont mis en place par des gens qui ne sont absolument pas experts en la matière. C'est juste pour se remplir les poches. Ils utilisent des méthodes de "désintoxication" qui ne sont pas scientifiques. En fait, ces centres sont simplement des prisons d'un autre genre, qui ne sont pas enregistrées comme telles. 

Retrouvez le témoignage complet de notre Observateur dans notre émission ci-dessus.