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Bangladesh : autour des camps, des barbelés pour "punir les réfugiés rohingyas"

Notre Observateur détaille les dangers pour les réfugiés rohingyas qui sont bloqués par un barbelé autour de leur camp, au Bangladesh.
Notre Observateur détaille les dangers pour les réfugiés rohingyas qui sont bloqués par un barbelé autour de leur camp, au Bangladesh. © Observateurs

Depuis fin 2019, le gouvernement bangladais a installé des clôtures et fils barbelés autour de plusieurs camps de la région de Cox’s Bazar, où plus de 800 000 Rohingyas sont réfugiés. En mai 2021, après plusieurs incendies faisant un total d'au moins 15 morts dans la région, un collectif s’est créé sur Twitter pour mener campagne contre ces installations et alerter sur leur danger. 

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"C'est une façon très autoritaire de traiter des gens qui ont subi un génocide"

Depuis Londres, notre Observateur Shafiur Rahman participe à la campagne en ligne "Remove The Fence" (Retirez la clôture) :  

Ce qui a été installé [depuis 2019 par le gouvernement bangladais] ce sont des clôtures de barbelés, du barbelé seul ainsi que des barbelés concertina à lames rasoir. Ces derniers sont très difficiles à traverser et les enfants les trouvent assez attrayants, puisqu'ils sont en rouleaux : ils peuvent ramper à l'intérieur et jouer. Ils n'ont pas d'endroit où jouer, c'est pour cela qu'ils finissent par se couper en allant à l'intérieur. 

L'installation n'a pas pris en compte ce qui pourrait rendre certains services plus ou moins accessibles. Des gens ont dû déplacer leurs maisons pour s'installer à l'intérieur de la zone clôturée. Ils doivent faire des distances beaucoup plus longues à pied. Aller à la clinique est devenu très difficile pour les personnes âgées, les infirmes ou les femmes enceintes. C'est une façon de punir les réfugiés, c'est une façon très autoritaire de traiter des gens qui ont subi un génocide et qui sont à ce point vulnérables.