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Entre éleveurs et fermiers au Nigeria, une haine croissante qui menace de virer à l’affrontement interreligieux

Notre Observateur Salihu Musa Umar évoque les tensions très meurtrières entre éleveurs et fermiers au centre du Nigeria.
Notre Observateur Salihu Musa Umar évoque les tensions très meurtrières entre éleveurs et fermiers au centre du Nigeria. © Observateurs France 24

Un constat peut à lui seul permettre de réaliser la gravité de ce conflit : en 2018, les violences qui opposent fermiers et éleveurs ont fait plus de Boko Haram au Nigeria. Il ne bénéficie pourtant, de loin, pas de la même attention. Dans notre émission, notre Observateur explique que ces violences sont une conséquence du changement climatique, et s’inquiète de les se muer en une guerre entre chrétiens et musulmans.

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Chaque semaine ou presque, des images de corps calcinés, de villages et de cultures détruites circulent sur les réseaux sociaux. Elles illustrent la violence d’un conflit qui oppose des éleveurs, en large majorité musulmans, et des fermiers, plutôt chrétiens, dans la région centrale fertile de la Middle Belt. La sécheresse et la désertification contraignent les éleveurs, qui vivent au nord du pays, à se déplacer plus au sud avec leur bêtes, lesquelles viennent paître sur les terres des fermiers, provoquant les tensions.

Notre Observateur, Salihu Musa Umar est éleveur, a crée la Farmers and Herders Initiative for Peace and Development, une association qui tente de nouer le dialogue entre les deux communautés. Une tâche complexe, alors que le conflit ne montre pas de baisse d’intensité :

Si la crise n'est pas gérée correctement, elle a le potentiel pour devenir une crise généralisée, dans laquelle les chrétiens et les musulmans s'affronteront, en se cachant derrière le voile de la religion.

Alors que la réalité du problème, ce sont des enjeux environnementaux, ce sont des enjeux sociaux qui n'ont pas été correctement gérés. C'est pour ça que nous en sommes là aujourd'hui.

Les violences entre les deux communautés ont fait plus de 10 000 morts sur la dernière décennie.