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Bénin : l'urgence de sauvegarder le patrimoine afro-brésilien, "témoignage de l'histoire"

Adjao Ali ne veut pas que Porto-Novo perde son patrimoine architectural. Il témoigne dans notre émission.
Adjao Ali ne veut pas que Porto-Novo perde son patrimoine architectural. Il témoigne dans notre émission. © Observateurs

À Porto-Novo, la capitale du Bénin, des maisons centenaires à l'architecture afro-brésilienne menacent de disparaître : elles sont peu entretenues ou même abandonnées par les héritiers. Dans notre émission, Adjao Ali, étudiant, revient sur l'importance de ce patrimoine, qui témoigne de l'histoire esclavagiste et coloniale de la ville. 

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Porto-Novo porte plusieurs siècles d’histoire liés à l’esclavage et à la colonisation. Au 19e siècle, des esclaves affranchis ainsi que leurs descendants vivant au Brésil sont revenus au Bénin, ramenant avec eux un savoir-faire architectural inspiré des colons portugais. Ils ont notamment construit de grandes maisons, qui composent aujourd'hui le patrimoine afro-brésilien unique de la ville. 

Mais ces édifices, qui à l'époque de leur construction étaient symbole de richesse, sont désormais à l'abandon. Avec des photos et des vidéos, notre Observateur Adjao Ali tente d'alerter sur le sujet. Il explique dans notre émission : 

Ces maisons sont menacées par manque d'entretien, par abandon. La majorité des héritiers, avec le temps, désertent les maisons parce qu'ils ont fondé leur foyer. De très grandes portions de ces maisons sont détruites : il n'y a plus de toitures, de fenêtres, les murs sont fissurés. C'est un spectacle qui n'honore pas la ville de Porto-Novo, capitale du Bénin.

En 2020, la municipalité de Porto-Novo a rénové trois villas. Mais pour Adjao Ali, c'est insuffisant. Il demande un engagement plus fort des autorités : 

[Ces édifices] sont des témoins de l'histoire, de l'histoire de la traite négrière, de l'histoire de l'Afrique. Il ne faudrait pas les laisser mourir.

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