Confrontés à un impressionant dipositif policier, les partisans du Mouvement démocratique orange, du candidat Raila Odinga, ont du annuler jeudi leur manifestation. Notre observateur, Daudi Were, a fait un tour dans les rues de Nairobi au moment où les militants étaient dispersés.
J'ai
remarqué que les unes des journaux étaient toutes les mêmes :
« Sauvons notre cher pays ». Les médias locaux ont été critiqués pour
n'avoir pas joué de leur influence pour endiguer la violence. Les directeurs de
publication ont donc décidé de se montrer proactifs.
Je marchais dans le centre de la ville lorsque je suis tombé sur une foule qui courait vers moi et qui semblait fuir quelque chose. Mais il n'y a qu'une seule chose qui puisse pousser les Kenyans à battre le record de sprint au 100 mètres (nous sommes meilleurs sur les longues distances) : la police. Et c'était justement la police paramilitaire qui débarquait, l'Unité Générale de Service (GSU).
La GSU n’est pas spécialement réputée pour son aptitude au dialogue… Elle n’a aujourd’hui qu’un seul message à délivrer aux Kenyans de la capitale,« Rudi Nyumbani » – « Rentrez chez vous ». Comme l’ODM [le Mouvement démocratique orange] avait menacé de manifester malgré l’interdiction, les flics ne voulaient prendre aucun risque, au cas où des militants arriveraient tôt en ville. Nettoyer les rues de Nairobi, c’était clairement l’objectif des unités de la GSU. Je les ai suivies pendant qu’elles opéraient.
La journée avait commencé normalement, mais très vite, Nairobi a pris l'aspect d'une ville fantôme.
Les rues étaient bloquées par de grosses pierres. La GSU a bouclé le périmètre d'Uhuru Park en s'assurant que nul ne pourrait y pénétrer. »

Notre observateur William Woeli s'est rendu à Uhuru Park (où la manifestation aurait due avoir lieu la veille).
Les
transports publics sont revenus à la normale, et beaucoup de gens ont repris
leur travail. La manifestation a été reportée à mardi, mais il y a encore des
personnes qui veulent reprendre la mobilisation. L'Uhuru Park est encore
totalement bloqué, sous contrôle de la police. La présence policière reste
d'ailleurs très forte. Dehors, il n'y a pas âme qui vive. »