Deux semaines après le fiasco d’une première mission de récupération des otages, Consuelo Gonzalez et Clara Rojas ont enfin été libérées. Nos Observateurs en Colombie, notamment le père d’un otage toujours retenu par les FARC, réagissent à cette nouvelle. Le beau-fils d’Ingrid Bétancourt demande quant à lui au président colombien de tirer les conséquences de cette libération, qui fait d’Hugo Chavez le négociateur incontournable dans cette affaire. Vous pouvez contacter ces Observateurs sur leur fiche profil.
Images de Telesur, la télévision panaméricaine créée à l'initiative de Chavez, seule chaîne présente sur les lieux. Un véritable hymne à la gloire de Chavez.
Clara Rojas
Je voudrais remercier ce qu'a fait le président vénézuélien
pour notre liberté. Merci infiniment, nous espérons pouvoir le remercier
personnellement. Merci, infiniment..."Puis Consuelo Gonzalez
Président Chavez, je ne sais pas comment vous
remercier pour votre gestion de cette crise humanitaire. Votre intervention est
un exemple d'action démocratique à suivre. Merci infiniment pour votre
comportement humaniste... Merci infiniment à Piedad Cordoba..."La sénatrice colombienne Piedad Cordoba
Dans toute ma carrière politique, je n'ai
jamais rencontré de dirigeant de la grandeur et de la compétence d'Hugo
Chavez... Merci a tous qui nous ont appuyés, les vénézuéliens aussi... C'est le
début de quelque chose de très important en Amérique du Sud..."Sébastien Delloye, beau-fils d’Ingrid Bétancourt.
On ne savait plus qui croire : le président Uribe ou les FARC et Chavez. Pourtant,
elles ont été libérées, quel bonheur ! Cela démontre que le président
Chavez est un personnage clé pour les futures négociations. Il faut maintenant
que le président Uribe prenne acte de ce cette percée sur le dossier des otages
et entame des négociations avec les FARC, avec l'aide de Hugo Chavez. Une
démilitarisation des provinces de Florida et Pradera pendant 45 jours est-il un
si grand prix à payer pour ramener tous ces otages sains et saufs ?Ismael Márquez, 72 ans, est sans nouvelle de son fils, retenu en otage par les FARC depuis 1999.
Cette libération est très positive. Elle me redonne espoir. C’est un geste important des FARC, un geste qui doit être salué. Mais jusqu’0 présent on ne s’occuppe que des otages qui ont un interêt politique, comme des militaires, des policiers ou des personnages
politiques, c’est-à-dire 46 personnes, sur les 750 retenus par les FARC - d’après
les chiffres officiels, invérifiables.»Le journaliste Victor Solano Franco est l’un des bloggeurs les plus lus en Colombie. Texte traduit de l’espagnol.
Je suis préoccupé par l’analyse de certains spécialistes pourtant respectés, qui se méfient de cet échange humanitaire, sous prétexte que les FARC y gagnent une visibilité
internationale dangereuse. Je pense que nous devons dépasser ces calculs politiques. Ce drame doit cesser d’être vu dans le cadre d’une partie d’échecs géopolitiques. C’est le drame humain qui doit primer. (...) Je me méfie de l’agenda politique d’Hugo Chavez et de Piedad Córdoba. Mais tant que leur médiation marche, nous devons nous en réjouir. Je souhaite que les gouvernants mettent leur orgueil de côté pour mieux servir la cause des otages. »Le blogueur Camilo Arboleda est ingenieur électronique. Il habite Bogotá. Texte traduit de l’espagnol.
Mon coeur me dit que ce peut être le début d’une vraie négociation pour libérer tous les otages. Ma raison me dit autre chose. Qu’il s’agit encore une mise en scène politique et que la médiation du président Chavez et de Piedad Córdoba n’a servi à rien. Je pense que les Farc n’ont liberé les deux otages que pour ternir l’image du président Uribe. Et que ça n’a pas tourné exactement comme ils le désiraient. (…) »
Commentaires
Toute cette opération a
Soumis par Antoine (non vérifié) le sam, 12/01/2008 - 19:25.Toute cette opération a été orchestrée avec minutie. Je serais tenté de croire Camillo plutôt que le beau-fils d'Ingrid Bétancourt, car ce dernier ne peut pas parler librement - et on le comprend. Les farcs sont un mouvement moribond, qui ne tient que grâce au traffic de drogue et au kidnaping. Le rattacher politiquement à la révolution bolivarienne de Chave est extrêmement dangereux, car on leur donne une légitimité qu'ils ne méritent pas. Il n'y a plus aucune revendication politique derrière leur combat. Même la gauche colombienne s'est d'ailleurs désolidarisée de ce mouvement.
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Comme l'Ira
Soumis par Adrien (non vérifié) le sam, 12/01/2008 - 19:47.ya pas de raison de pas les considérer comme un mouvement politique. c'est même la seule façon de leur faire déposer les armes. Comme cela s'est passé avec l'Ira. Ca a pris des années, mais c'est la seule solution. La solution militaire ne fait que retourner les populations locales contre ceux qui la prônent (ici, Uribe).
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La proposition de Chávez
Soumis par Lucien (non vérifié) le dim, 13/01/2008 - 20:45.La proposition de Chávez est absurde, comment peut-on considerer comme "groupe béligérant" un groupe qui fait des otages, certains depuis 10 ans comme le fils d'Ismael, et Ingrid? Il n'a pas le droit. Puis négocier avec l'ennemi ne veut pas dire qu'on doit oublier leurs crimes contre l'humanité, et lá il s'agit de quelque chose de trés different du cas de l'IRA. Les revolutionnaires Irlandais se sont petit a petit distancés des factions qui fesaient les attentats, ce qui a permis un dialogue, et ils n'ont jamais kidnappé des inocents comme le font les FARC et l'ELN. Les FARC, qu'ont-ils fait jusqu'a présent? Ils n'ont libéré que deux personnes, menti sur le destin d'Emmanuel, et ils tiennent toujours plus de 700 otages! Chavez n'a pas d'arguments pour les enlever de la liste de groupes terroristes. Il n'est pas le glorieux libertateur qu'il pense être, c'est juste encore un bouffon qui s'en fout des otages et leurs familles.
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