Des rumeurs transmises par SMS attisent les violences

Alors que les indices de fraude électorale s'accumulent, le pays s'embrase et le bilan des morts s'alourdit d'heure en heure (250 mardi matin). Notre Observateur à Nairobi se félicitait hier du calme dans lequel s'était déroulée l'élection. Il a déchanté aujourd'hui. Il s'inquiète particulièrement des rumeurs qui circulent dans tout le pays, notamment par SMS, qui ne font qu'attiser les violences.

 

La réaction de notre Observateur, Fredrick Onyango, photojournaliste à Nairobi

J'étais à la commission électorale de Nairobi pendant le dépouillement. A la fin, l'opposition a demandé un recompte des votes. Et les chiffres ne se sont pas recoupés dans certaines provinces. Il semble qu'il y avait trop de votes par rapport au nombre d'inscrits. Je ne suis plus sûr aujourd'hui que les élections aient été justes.

Dans le pays, les gens continuent de saccager et de brûler des maisons. A Nairobi, il y a encore quelques personnes dans la rue. Mais dans d'autres villes, les gens restent chez eux. A Kisumu (est), où les émeutes ont été les plus violentes, il y a un couvre feu de 18h à 6h. On dit que 140 manifestants ont été tués, et cinq policiers.

Il y a des tas de rumeurs qui circulent, notamment l'arrestation de Raila Odinga [arrivé second à l'élection]. Mais je n'y crois pas.

Le problème c'est que les télévisions sont censurées. Elles n'ont pas le droit de montrer les images des violences. Et comme nous n'avons plus Internet, à cause des coupures de courant, il n'y a aucun moyen de vérifier les informations. »

Photo d’échoppe brûlée, Nairobi, 31 décembre 2007

Photo d'échoppe brûlée, Nairobi, 31 décembre 2007

L'échoppe avant l'incendie

Photos : Thinker's room

Rumeurs par SMS

Les SMS ne font qu'aggraver les violences. Un des messages que j'ai reçu affirmait que la police avait reçu l'ordre de brûler les bidonvilles ; un autre que les militants d'Odinga allait faire venir des troupes du sud Soudan à Nairobi. Et ainsi de suite. Chaque camp affirme être prêt à recourir à plus de violences. »

Commentaire de Daudi Were, Nairobi



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