Un quartier de Constantine livré aux bandes rivales

Une Mercedes brulée à UV n°14 le 17 mars 2014. Photo envoyée par notre Observateur.
 
Le quartier UV n°14 de la ville nouvelle d’Ali Mendjeli, près de Constantine, dans l’est algérien, est secoué depuis vendredi par des affrontements entre bandes rivales. Des violences à répétition qui ont créé un climat de terreur parmi la population. Exaspéré, un habitant crie son indignation envers les forces de sécurité accusées de laisser faire…
 
Il y a un an, les habitants de deux bidonvilles de Constantine pourtant connus pour leur rivalité - Oued El Had et Fredj Errih - ont été relogés ensemble dans un quartier de la nouvelle ville d’Ali Mendjeli, appelé Unité de Voisinage n°14. Ce quartier connaît, depuis, des flambées de violence récurrentes entre bandes rivales, et les habitants sont régulièrement victimes de pillages et d’agressions.
 
Vidéo montrant des affrontements entre bandes rivales dans le quartier UVn°14. Postée sur YouTube.  
 
Contributeurs

"Les gangs s’affrontent à coups d’épées, de cocktails Molotov et parfois même de fusils harpon"

Mokhtar K. (pseudonyme) est un des habitants de ce quartier.
  
Nous avons vécu quatre jours durant au rythme des violences : les gangs s’affrontent à coups d’épée, de cocktails Molotov et parfois même de fusils harpon. Certains se postaient sur les toits des immeubles pour balancer des pierres et autres objets métalliques, notamment sur les habitants qui s’aventurent à les regarder depuis les balcons. Lundi soir, ils ont cassé une vitre de notre appartement quand ils se sont aperçus qu’on les regardait. En fait, ils ont peur d’être filmés, c’est d’ailleurs pour cela qu’ils préfèrent se battre la nuit, ils prennent le soin d’éteindre l’éclairage public. Ils ont aussi saccagé et pillé l’appartement de notre voisine du rez-de-chaussée.
 
Et la police ne nous protège pas. Les forces de l’ordre ont bouclé le quartier dès lundi et ont suivi passivement des yeux les scènes de combat. Hier, j’ai fini le travail tard à 20h et je n’ai pas pu rentrer chez moi car les policiers m’ont conseillé de rebrousser chemin. Je leur ai demandé pourquoi ils n’intervenaient pas et ils m’ont simplement répondu qu’ils n’en avaient pas reçu l’ordre.
   
Images montrant des jeunes en train d'attaquer un commissariat à Ali Mendjeli. Postée sur YouTube en mars 2013.
  
Ce n’est qu’aujourd’hui que les forces de l’ordre ont pénétré dans les rues occupées par ces bandes pour les disperser avec des tirs de gaz lacrymogènes. Mais je suis certain que les affrontements vont reprendre de plus belle car ces jeunes savent qu’ils ne seront pas inquiétés.
 
"Les autorités ne veulent pas faire de vague à cause de l’élection présidentielle"
 
Lundi, une délégation d’habitants a rencontré le chef de la police de la ville et l’adjoint du préfet. Ils ont promis qu’ils allaient sévir contre les malfaiteurs, mais les violences ont continué. Quand des affrontements de même type avaient éclaté il y a quelques mois, je me rappelle que les forces de l’ordre avaient mis le paquet pour retrouver les suspects. Les policiers n’hésitaient pas à aller les chercher jusqu’à leur domicile. Mais aujourd’hui, les autorités ne veulent pas faire de vague à cause de l’élection présidentielle. Ils préfèrent ne rien faire pour que le conflit ne fasse pas tâche d’huile et éviter tout ce qui peut nuire à l’image de l’Algérie [Les services de police viennent de lancer une campagne de "sensibilisation", notamment à travers la radio locale, pour convaincre les deux parties de mettre fin aux hostilités]. Si cette situation perdure, nous envisageons d’organiser des manifestations et j’espère qu’après avoir épargné les voyous, la police ne nous tabassera pas.   
Des affrontements similaires ont eu lieu, en janvier dernier, dans le quartier UV n°14. Lors de ces violences, plus de 70 personnes avaient été arrêtées selon la presse locale.
 
FRANCE 24 a contacté les services de police en Algérie, notamment la Direction générale de la sûreté nationale. Nous publierons leur réponse dès que celle-ci nous sera parvenue.
 
 
 

Commentaires

J'aimerais bien voir quelle

J'aimerais bien voir quelle serait la reaction de nos chers decideurs si ces affrontements se derouleraient dans des quartiers huppes d'Alger- Hydra, El Biar. Si J'etais a la tete d'une de ces bandes, je leur demanderais de rendre visite a ces beaux quartiers, juste pour voir si 'cet ordre' pour faire face au probleme serait donne sur le champ aux force de l'ordre. Eh oui, il y a un gout de discrimination dans l'air.

affrontements dans les quartiers de constantine

j suis scandalisée d'apprendre que lles forces de l'ordre ne réagissent pas sous prétexte des élections, ils attendent qu'il y ait mort d'hommes pour intervenir en attendant les habitants de ces quartiers vivent dans la peur sans etre protégés, qui a donné l'ordre de ne pas intervenir alors qu'à Alger ils se bousculent devant une marche pacifique . Que fait Hamel le digne patron de cette mafia de police qui n'ont d'allure que quand ils enfilent l'uniforme. Donc vous voyez que le citoyen n'est pas protégé dans ce gouvernement à deux balles et ils nous imposent d'aller aux urnes pour un système qui laisse son peuple s'entretuer.

terrorisme civil d'état

Certains régimes recourent souvent à cette politique:laisser s'entretuer le peuple pour s'en débarrasser et lui faire oublier ses droits ou bien encore fermer les yeux devant la terreur semée par les voyous .Un peuple qui commence à manifester pour l'obtention de ses droits politiques ,dérange et ce type de responsables tiennent à le lui faire payer en observant une attitude négativement neutre quitte à tenir pour responsable de l'insécurité la drogue,l'alcool,etc...Au Maroc,c'est encore pire à en croire la presse là-bas.



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