Contourner la censure de Twitter ? La solution est sur les murs d’Istanbul...

Les chiffres du Google Public DNS sur les murs d'Istanbul.Photo publiée sur Twitter par Kaan Sezyum.
 
Le site Twitter a beau être bloqué depuis jeudi en Turquie, les Turcs restent actifs sur le site de microblogging. Et s’ils se sont si vite adaptés, c’est en partie grâce aux internautes qui partagent les solutions de contournement de la censure sur le Net, mais aussi sur les murs de la ville.
 
Plusieurs de nos Observateurs à Istanbul ont expliqué que des graffitis comme celui-ci pullulaient dans la ville depuis que Twitter est inaccessible dans le pays. Le blocage du site a été demandé jeudi par l’organisme turc de régulation d'Internet, quelques heures après que le Premier Ministre Recep Tayyip Erdogan a menacé de "supprimer" le site.  Ce dernier a été personnellement mis en cause dans plusieurs affaires de corruption ces derniers mois et des enregistrements compromettants de ses conversations téléphoniques ont récemment circulé sur les réseaux sociaux, et particulièrement sur le site de microblogging.
 
Graffiti sur une affiche du parti de Recep Tayyip Erdogan à Istanbul. Photo: Engin Onder.
 
Les chiffres de ces graffitis font référence au Google Public DNS , un service qui consiste en deux adresses IP que n’importe quel internaute peut utiliser à partir de son ordinateur, ce qui lui permet de passer par d’autres serveurs que ceux basés en Turquie et donc d’échapper au blocage. [Instructions disponibles ici ] D’autres internautes utilisent des VPN qui, de la même manière, permettent de dissimuler l’adresse IP de leur ordinateur se connectant via d’autres serveurs. Ce système est déjà largement utilisé en Iran et en Chine.
Contributeurs

"Les citoyens se tournent massivement vers ces techniques de contournement"

Serhatcan Yurdam est blogueur et vit à Istanbul .
 
Je passe par le DNS public de Google depuis déjà un certain temps parce que je voulais pouvoir accéder à des sites d’informations bloqués comme celui de l’agence d’information kurde, inaccessible depuis 2011. D’autres ont fait de même pour contourner le blocage de YouTube [ La plateforme a été censurée temporairement plusieurs fois depuis 2007]. Mais alors que ces démarches concernaient les internautes les plus à la pointe de la technologie, depuis le blocage de Twitter, des citoyens plus ordinaires se tournent massivement vers ces techniques de contournement. Tout le monde partage sa science sur comment changer de DNS, ou utiliser un VPN et ils apprennent vite puisque les Turcs continuent de tweeter.
 
Avec le DNS public de Google, j’ai accès sans problème à Twitter de mon ordinateur. J’ai en revanche eu des soucis sur mon iPhone que j’ai réglé en  téléchargeant une application VPN [certaines sont payantes].
Les autorités n’arriveront pas à nous empêcher d’utiliser Twitter, on trouvera toujours des alternatives. Et sinon, on passera par d’autres réseaux sociaux.  Twitter est vital pour moi comme pour des millions de Turcs, car les médias traditionnels reçoivent trop de pression de la part des autorités.  C’est sur les réseaux sociaux que l’on s’informe. Twitter est notre espace public digital.
 
Le président de la République Abdullah Gül a lui aussi dénoncé ce blocage via … son compte Twitter.
 
Les instructions pour passer par un autre DNS partagées ici sur le net turc.

Commentaires

Bon travail jeunes turques!

Bon travail jeunes turques!



Fermer