Après les attentats-suicides, le sud de Beyrouth reprend des couleurs

 
L’horreur et la peur ont gagné la banlieue sud de Beyrouth après que des attentats-suicides ont frappé ce quartier à majorité chiite en janvier dernier. Mais depuis peu, des artistes locaux tentent de reprendre le dessus et repeignent aux couleurs les plus joyeuses tout ce qu’ils peuvent, des murs aux carcasses de voitures.
 
Plusieurs évènements ont été organisés ces dernières semaines pour redonner des couleurs au sud de Beyrouth. Le dernier en date était le festival “Pont des couleurs” qui s’est tenu dimanche 2 mars, dans la zone d’Haret Hreik. Des dizaines d’artistes, de musiciens et de poètes se sont rassemblés sous un pont routier pour une journée de créativité.
 
À quelques centaines de mètres de là, les barrières délimitant les sites des deux derniers attentats ont aussi été repeintes. La première attaque avait ciblé une rue animée de Haret Hreik, le 2 janvier, faisant deux morts. Le 21 janvier, une autre explosion avait eu lieu une centaine de mètres plus loin, tuant six personnes. Des dizaines d’habitants ont par ailleurs été blessés dans ces attaques. Haret Hreik, comme une grande partie de la banlieue sud de Beyrouth, est une zone à majorité chiite acquise au Hezbollah, mouvement dont la branche armée est actuellement engagée en Syrie aux côtés de Bachar al-Assad.
 
Des blocs de ciment repeints par Ali Bahssoun et ses amis.
 

"C’est aussi une façon de dire aux terroristes qu’on ne sera pas esclaves de notre peur"

Ali Bahssoun est un graffeur qui habite Haret Hreik.
 
Après les attentats, qui ont eu lieu juste à côté de chez moi, tout le quartier était terrifié à l’idée que ça se reproduise. Les commerçants scrutaient toutes les voitures qui passaient. Ils commentaient : ‘Tu penses que celle-là va exploser ? Ah non, elle part’. Des sacs de sable et des blocs de ciment ont été installés pour empêcher que des voitures ne se garent. Quand j’ai vu ces sinistres blocs de béton, j’ai réuni des amis et on est allé dans un magasin de peinture qui avait été lui aussi touché par l’explosion. Il a accepté de nous offrir de la peinture pour qu’on égaye tout ça.
 
Ces blocs cristallisent notre inquiétude. Or, on veut que les habitants pensent un peu moins aux attaques. C’est aussi une façon de dire aux terroristes qu’on ne sera pas esclaves de notre peur.
 
 
Des blocs de ciment avant et après le passage des artistes.
 

"On a transformé une voiture endommagée par les attentats en oeuvre d’art"

Mohammad Allouche fait partie du collectif Montada Alwan (“Le forum des couleurs”), qui a organisé le festival du 2 mars.
 
Nous avons invités des artistes locaux, mais aussi d’autres venus d’Irak et de Syrie, de toutes les confessions – chiites, sunnites, chrétiens, druzes etc… Il y avait en tout 45 peintres, musiciens, poètes etc…  
  
Un des moments les plus forts a été de repeindre l'une des voitures endommagées par les derniers attentats. On est allé la chercher dans un endroit où la municipalité avait improvisé une casse après les attentats et on l’a poussée sous le pont. À la fin de la journée, elle était entièrement repeinte. D’abord effrayante, c’est devenu un bel objet !  
 
La voiture endommagée par l’attentat.
 
Un enfant peint la voiture.
 
La voiture après les transformations.
 
 
Des artistes peignent les parois du pont pendant le festival.
 
Peinture sous le pont.
 
 
Un symbole d’espoir dessiné sur un mur.
 

Commentaires

belle initiative, continuez

belle initiative, continuez comme ça, c'est la meilleure réponse.



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