Les gros camions, danger public n°1 à N’djamena

 
Le Tchad n’était jusque-là pas un exemple en termes de sécurité routière. Mais, à mesure que les chantiers se multiplient dans la capitale N’djamena, la situation ne fait qu’empirer : à toute blinde, des camions surchargés traversent les grands axes et gare à ceux qui se trouvent sur le chemin.
 
Le 6 février notre Observatrice Ziregga a assisté à un accident causé par un de ces énormes véhicules.
 
C’était dans la zone d’Atrone [7ème arrondissement] sur un des grands axes, là où il y a beaucoup de passage. Un gros porteur [un camion de transport de marchandises] s'est renversé sur la voie qui relie aux quartiers est de N'Djamena. Selon les témoins, l'engin roulait à toute allure et le chauffeur a perdu le contrôle. Il a été grièvement blessé, ses deux jambes se sont retrouvées coincées sous le camion. Il a fallu un autre gros porteur pour déplacer le véhicule et extirper le conducteur. Il n’y a pas eu de morts cette fois, mais dernièrement dans le quartier de Walia, un couple a été percuté, mais aussi deux lycéens à Amriguébé ou encore un fonctionnaire au rond point "double voie". 
 
 
Dans une ville en constante construction, les camions sont de plus en plus nombreux à traverser la ville pour transporter du matériel [d’importants travaux d’aménagement ont notamment été lancés en prévision du sommet de l’Union Africaine en 2015, ndlr.] Or, le réseau routier de la capitale peine à absorber tout ce flux [des échangeurs sont en cours de construction pour désengorger le trafic dans le centre ville, ndlr.]. Et le problème, c’est que les chauffeurs ne respectent pas les règles de base. Ils circulent à n’importe quelle heure alors qu’en soirée, c’est interdit. Souvent les véhicules sont usés et les freins en mauvais état. Ils ne respectent pas les limites de charges imposées par la loi [ce qui a aussi pour conséquence d’abîmer les routes, a expliqué le ministre des Infrastructures et des Transports]. Les autorités ont installé des panneaux de sensibilisation mais rien n’y fait. 
 

 
Ils vous expliqueront que ce sont les autres usagers qui font n’importe quoi. Ils incriminent volontiers les scooters qu’ils disent imprévisibles. Mais pour moi le vrai problème est en amont. La plupart conduisent avec une formation très sommaire. Et même si le permis poids lourd est officiellement nécessaire, beaucoup s’arrangent pour acheter leurs papiers. C’est la même chose chez les chauffeurs de minibus. 
 
La brigade de la circulation routière (BCR) est dépassée. Elle ne peut pas être présente partout. Et même quand elle intervient, les échanges sont parfois compliqués. Dernièrement, un chauffeur a été emmené au poste parce qu’il a commencé à agresser un agent. Enfin, on ne peut pas exclure que la corruption contribue à cet état de fait. Certains agents ferment les yeux sur des irrégularités contre un pot-de-vin et voilà le résultat.
 
 
En septembre, le ministre des Infrastructures et des Transports s’était inquiété de ce que 80% des accidents recensés dans la ville étaient liés à des gros porteurs en circulation. Deux mois plus tard, il a annoncé une intensification des campagnes de prévention routière.
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