Sud du Yémen : du théâtre de rue pour dénoncer la violence

Capture d'écran de la vidéo réalisée par le groupe "Notre silence est un message".
 
Depuis le mois de décembre, les violences sont de retour au sud du Yémen, notamment dans la province séparatiste d’Hadramout. Des morts et des blessés qui ont poussé des jeunes de la ville à imaginer une mise en scène porteuse d’un message de paix, à laquelle ont participé pas moins d’une soixantaine de bénévoles.
 
Le groupe est baptisé "Notre silence est un message". Ses sept membres organisent, avec la participation de bénévoles, des flashmobs silencieux pour dénoncer la réalité de leur région. Ainsi, une mise en scène similaire a été organisée l’été 2013 pour dénoncer la catastrophe écologique suite au naufrage d’un pétrolier sur les plages d’al-Mukalla, dans la province d’Hadramout.
 
Cette vidéo rejoue une scène qui fait partie du quotidien de la ville : des jeunes à moto commettent un assassinat en pleine rue (la vidéo ne le précise pas, mais ce sont souvent les séparatistes sudistes qui sont visés par ces assassinats). Suite à ce meurtre, la famille de la victime accourt et la femme en niqab noir porte un écriteau où le mot "épouse" a été raturé pour laisser la place à "veuve". La petite fille en robe longue et blanche symbolise quant à elle la ville d’Hadramout. Elle est enlevée par des inconnus qui symbolisent "tous les puissants qui saignent notre ville et qui finiront par en faire une ville fantôme", selon Soltan al-Abed, porte-parole du groupe. Les civils arrivent par la suite, bâillonnés et les mains liées, pour traduire leur impuissance face à cette situation. Ils seront à leur tour abattus par un drone, symbole des bombardements réguliers que connaît la région à cause de la présence de combattants d’al-Qaida, et qui font des victimes aussi parmi les civils.
 
 
"Nous ne voulions pas porter d’accusation directe dans cette vidéo, car notre but n’est pas de faire de la politique, mais uniquement d’exprimer le désespoir dans lequel vivent les habitants ici", poursuit Soltane.
 
Fin décembre, la ville a connu de nouvelles violences entre l’armée et les groupes séparatistes, suite à la mort du chef de l’Alliance des tribus d’Hadramout.
 
Après le rattachement du Sud du Yémen au Nord en 1990, une guerre civile avait éclaté en 1994 entre les sécessionnistes armés du Sud et les forces du Nord. Elle s'est conclue par la victoire du Nord et la réunification définitive du pays. Depuis, les regains de tensions meurtriers sont réguliers entre le pouvoir central et les groupes armés locaux.
 
Contributeurs


Fermer