À Djibouti, un bidonville d’opposition rasé par les autorités

Le bidonville de Buldhuqo totalement rasé. Photos publiées le 26 novembre sur la page Facebook du Mouvement des jeunes de l'opposition de Djibouti.
 
Jusqu’à vendredi 22 novembre, Buldhuqo était un des bidonvilles de la périphérie de la capitale de Djibouti. C’était avant qu’une opération de démantèlement des habitations illégales ne soit entreprise par les autorités de la ville, officiellement pour sécuriser la zone. Aujourd’hui, le quartier a disparu et les habitants ont tout perdu.
 
L’information a été diffusée sur les réseaux sociaux via "La voix de Djibouti", un journal proche de l’opposition djiboutienne. Celui-ci affirme que "4 000 [personnes] […] ont vu leurs abris de fortune fouillées, puis détruits au bulldozer et ou au feu" le vendredi 22 novembre.
 
Des anciennes habitantes de Buldhuqo errent sur les lieux de l'ancien bidonville.
Contributeurs

"Certains commençaient même à installer des barbelés pour nous encercler"

Mohamed D. [son nom a été changé] habitait le bidonville de Buldhuqo avant que celui-ci ne soit rasé. Après que son abri de fortune a été détruit, il s’est réfugié chez un membre de sa famille dans le quartier voisin de Balbala.
 
Nous sommes vingt-deux dans ma famille, et ça faisait dix ans que nous habitions ici, dans une situation précaire : la plupart d’entre nous sont des marchands ambulants. Ceux qui n’ont pas cette chance sont au chômage.
 
Vendredi (22 novembre), les policiers sont rentrés dans le quartier accompagnés de militaires. Ils ont pris nos affaires, sont entrés dans nos maisons. Certains commençaient même à installer des barbelés pour nous encercler. Les policiers ont demandé à voir nos papiers djiboutiens, car beaucoup de migrants illégaux venus de Somalie ou d’Éthiopie passent par ce bidonville. Beaucoup d’entre nous n’ont pas pu les montrer, car nos habitations ont été détruites, sans explication, avant même qu’on puisse les récupérer.
 
Aujourd’hui, nous sommes plusieurs familles désœuvrées, sans document, sans nos affaires et nous n’avons rien à manger. Certains, faute de papiers, ont été renvoyés aux frontières et errent dans un "no man’s land" dans la région de Guelile, près de l’Éthiopie, ou de Loyada, près de la frontière somalienne. Et ces pays ne peuvent pas les accueillir, car ils n’ont pas la possibilité de prouver leur identité.
 
Une ancienne habitante montre une carte d'identité retrouvée dans les décombres.

"Nous sommes beaucoup à nous demander si l’opération visait des shebabs ou à intimider des partisans de l’opposition"

Djama Mahamoud (pseudonyme) qui habitait à Buldhuqo, a essayé de s’opposer à l’intervention des policiers pour empêcher que sa compagne, qui ne dispose pas de papiers djiboutiens, soit expulsée. Il a passé trois jours en prison avant de pouvoir prouver son identité.
 
Balbala est un quartier acquis à l’Union pour le Salut National [USN, coalition des partis d’opposition, NDLR], car ces derniers font souvent des visites dans les bidonvilles pour essayer d’aider la population, ou procéder à des opérations de voiries que ne mènent pas les autorités [depuis le mois de février, des manifestations hebdomadaires ont lieu dans le quartier de Balbala tous les vendredis et des opposants sont régulièrement arrêtés].
 
Lorsqu’ils sont venus, les policiers disaient qu’ils cherchaient les Shebabs, des armes, et des objets de contrebande, parce qu’ils ont peur d’un attentat à Djibouti depuis une récente attaque des shebabs en Somalie. [Le 19 novembre, une attaque-suicide d’un commando d’islamistes shebab contre un poste de police à Beledweyne en Somalie avait fait seize morts, dont des soldats Djiboutiens, NDLR]. Ils n’ont rien trouvé, mais ont quand même cassé les maisons et expulser les gens.
 
Depuis début 2013, le régime du président d’Ismail Omar Guelleh est de plus en plus contesté par les organisations de défense de droits de l'Homme. L'opposition USN, qui a obtenu dix sièges au Parlement lors des élections législatives de février dernier, refuse de siéger car elle conteste les résultats.
 
Selon le porte-parole de l’opposition USN, Daher Ahmed Farah, qui reconnait que la plupart des constructions avaient été faites sans l’autorisation des autorités, "l’opération n’a permis de trouver ni shebab, ni armes, ni produits de contrebandes et n’a fait que détériorer les conditions de vie déjà misérables des habitants de ces quartiers".
 
 
 
Cet article a été rédigé en collaboration avec François-Damien Bourgery (@FDBourgery) et Alexandre Capron (@alexcapron), journalistes pour les Observateurs de France 24.
 
 
Droit de réponse
 
Contacté par France 24, le ministre de l’Intérieur de Djibouti Hassan Omar a expliqué que l’opération lancée à Buldhuqo s’inscrit dans le cadre d’un programme de démantèlement des occupations illégales lancée en aout 2013 intitulé "Djibouti, ville propre" et qui concerne l’ensemble des installations de la capitale.
 
Le ministre affirme que "Bulduqho n’est pas un bastion de l’USN" et regrette que "ceux qui ont diffusé l’information souhaitent ternir l’image du pays pour chercher à assouvir des ambitions personnelles". Il affirme que ce démantèlement n’avait rien à voir avec "une opération politique". Il précise que le président de la commune de Balbala où se situe le bidonville de Bulduqho ainsi que les habitants avaient été invités à "prendre leur disposition, mais n’ont pas obtempéré".
 
Il ajoute que ce quartier était devenu une "source d’insécurité, de contrebande" et que des opérations de police fin octobre avaient notamment permis d’arrêter "37 contrebandiers et de saisir 123 cartons de cigarettes, de médicaments périmés et d’alcool venant notamment de Somalie".
 
Concernant les individus en situation irrégulière, Hassan Omar nie le fait que "des personnes se trouveraient dans un no man’s land" et affirme que "les personnes en situation irrégulière ont été renvoyées dans leur pays d’origine". Il conclut en précisant que ceux qui ont été en mesure de présenter des papiers d’identité djiboutiens ont été relogés dans d’autres quartiers de Balbala.
 

Commentaires

bidonville detruit

tout d'abord je suis ravi que ces bidonvilles soient rasés pour 2 raisons possibles:

- l'insecurité qui regnait autour de ce bidonville et les meurtres des djiboutiens dans ses environs etaient inquietant voire impardonnable .

- la contrebande qui affaiblit l'economie du pays est egalement puinissable.
cependant je m'interroge aussi ARHIBA qui depuis quelques années est meconnaissable.

alors c'est pour quand ARHIBA ; WAHLE DABBA; balbala quartier VIETNAM ?

Djibouti : Buldhuqo, ce bidonville d’opposition rasé par les aut

On n’est pas faim pour participer son festin mais nous sommes victime de la mal gouvernance du régime iogienne on souffre toute une manque des valeurs républicaines.

reagir au demantelement de ce bidonville

En tant que citoyen de djibouti, habitant de balbala, j m permets de reagir a la desinformation dont fait preuve l opposition en exploitant ce demantelement a des fins politiques et loin de la verite.
Ce qui est vrai ce que ces habitations etaient sauvages et illegales.Les autorites ont juste applique le droit.
Et ce qu il font depuis peu c est a dire retablir l ordre et la loi.Les djiboutiens s installent partout et n importe comment.Il y a pas longtemps , le ministre de l interieur a eu le courage de detruire les installations sauvages pour permettre la circulation et donner un nouveau visage a notre pays.J aimerai aussi qu il rase le bidonville Arhiba et installe les nationaux loin de la capital.J suis pour une reinstallation de nos citoyens dans des endroits plus appropries, l installation des sans papiers dans un camp, l octroi de carte de sejour pour les travailleurs etrangers et enfin une vraie etude pour donner a notre capitale une vraie image plus propre et une politique plus juste et humaine pour ses citoyens.Je reve aussi d un vrai regime democratique et de politiciens plus responsable, pour l instant le regime n lutte pas contre la corruption galopante et l opposition a juste soif de pouvoir et de ssans une enrichir sans une vraie alternative.Une nouvelle generation de justes doit prendre le pouvoir un jour et les mentalites doivent evoluer aussi.
Vive djibouti et son peuple.

reagir au demantelement de ce bidonville

En tant que citoyen de djibouti, habitant de balbala, j m permets de reagir a la desinformation dont fait preuve l opposition en exploitant ce demantelement a des fins politiques et loin de la verite.
Ce qui est vrai ce que ces habitations etaient sauvages et illegales.Les autorites ont juste applique le droit.
Et ce qu il font depuis peu c est a dire retablir l ordre et la loi.Les djiboutiens s installent partout et n importe comment.Il y a pas longtemps , le ministre de l interieur a eu le courage de detruire les installations sauvages pour permettre la circulation et donner un nouveau visage a notre pays.J aimerai aussi qu il rase le bidonville Arhiba et installe les nationaux loin de la capital.J suis pour une reinstallation de nos citoyens dans des endroits plus appropries, l installation des sans papiers dans un camp, l octroi de carte de sejour pour les travailleurs etrangers et enfin une vraie etude pour donner a notre capitale une vraie image plus propre et une politique plus juste et humaine pour ses citoyens.Je reve aussi d un vrai regime democratique et de politiciens plus responsable, pour l instant le regime n lutte pas contre la corruption galopante et l opposition a juste soif de pouvoir et de ssans une enrichir sans une vraie alternative.Une nouvelle generation de justes doit prendre le pouvoir un jour et les mentalites doivent evoluer aussi.
Vive djibouti et son peuple.

Si ces gens avaient les

Si ces gens avaient les moyens de se loger ils n'occuperaient pas clandestinement des lieux publics, vois avez peut être une vie confortable ce n'est pas le cas de tout le monde donc merci de de voir plus loin que le bout de votre nez et d'éviter de Laissr des commentaires aussi stupides! Ces bidonvilles étaient sans doute les seuls " biens " qu'ils possédaient et aujourd'hui ils ne leur restent plus rien. Je ne comprends pas comment on peu être aussi égocentrique et étroit d'esprit. Je vous souhaite une belle vie et je suis Désolée que ces pauvres gens vous gâchent votre tranquillité a balbala.

triste mais vrai

c est la seul solution trouve part le gouvernement pour pouvoir controle la population,trouble leur confort de survi et ainsi evitte de participe et de soutenir l opposition,vu qu il n ont plus ou allez leur principal obgectif sera de se trouve un logement o toit ou abrite leur enfand alor que auparavant il s investissai beaucoup dans les manifestation pacifique que d ailleur le gouvernement se fait un plaisir d oprime et d enferme les personne conserne,donc chapo a vous mais sachiez que c est pas toujour dimanche la roue tourne et DIEU vous observe la punition divine et pire que celle terrestre....

C'est une tragédie nationale

C'est une tragédie nationale et un crime contre l'humanité. Raser tout un bidonville parce qu'ils ont tout simplement votés pour l'opposition est une première dans notre pays et dans le monde entier. Ces pauvres gens (4000 âmes) crèvent de faim et de soif sans aides ni secours à la frontière entre Djibouti et la Somalie d'une part, et entre Djibouti et l'Éthiopie d'autre part. Nous appelons à la communauté internationale et aux ONG internationales notamment le UNHCR et l'UNICEF à secourir à ces pauvres citoyens déplacés de leur pays par la force. Nous appelons également à la communauté internationale de prendre ses responsabilités et mettre la pression sur le gouvernement djiboutien afin de respecter les chartes et les textes nationaux et internationaux sur les droits de l'homme .

http://observers.france24.com/fr/content/20131128-bulduqho-bidon

enfin un article sur la plus petite dictature du monde, bravo france24 la voix du sans voix

Djama Mahamoud n'est jamais

Djama Mahamoud n'est jamais allé en prison, il vis en france depuis bien lontemps et il ignore la souffrance de son peuple il préfère sa carrière politique
Quand a IOG déplacer la misère ne la fait pas disparaitre! où est l'argent de la lutte contre la faim, où est l'argent de la lutte contre l'illétrisme, pourquoi il n'y a pas d'eau? pourquoi il n'y ap as d'électricité? 800 000 habitants c'est trop pour toi! oui c'est trop pour toi!
Ecoute USN grandit!

Votre commentaire

Bonjour,

c'est un pseudonyme, la personne interviewée n'est certainement pas la personne que vous connaissez. Il s'agit probablement d'un homonyme.

Bonne journée.

L'équipe des Observateurs



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