Une nouvelle vie pour les singes mendiants de Jakarta

 
Ils dansent, portent des masques et font rire les passants qui les récompensent par quelques pièces, mais les singes mendiants d’Indonésie vivent en réalité un enfer entre les mains de leurs propriétaires. Une vie de misère qui sera bientôt de l’histoire ancienne : les défenseurs des droits des animaux ont obtenu leur interdiction dans les rues de Jakarta.
 
Le gouverneur de la capitale indonésienne, Joko Widodo, a récemment déclaré qu’il se donnait un an avant que ce business autour des singes, appelé "topeng monyet", ne disparaisse de la ville. Début novembre, les autorités municipales ont commencé à rassembler les petits primates, principalement des macaques crabiers, qui font ensuite l’objet d’un bilan de santé. Les propriétaires touchent en échange une compensation de 56 euros. Une opération couronnée de succès puisque selon des activistes locaux, il n’y a quasiment plus de singes qui dansent dans la capitale.  
 
Un spectacle réalisé avec des singes dans les rues de Jakarta.
Contributeurs

"Pour leur apprendre à tenir debout, ils étaient suspendus par le cou pendant plusieurs heures"

Femke den Haas est co-fondatrice de la Jakarta Animal Aid network, une ONG crée en 2008. Originaire des Pays-Bas, elle vit actuellement à Jakarta.
 
Les singes danseurs existent en Indonésie depuis très longtemps, mais c’est à partir de 2009 que cette pratique est devenue un vrai business. D’un coup, on en a vu à tous les coins de rue de Jakarta. Et les passants qui leur donnaient de temps en temps de l’argent ne réalisaient pas à quel point ils souffraient.
 
En enquêtant, nous avons réalisé qu’ils étaient arrachés à l’état sauvage quand ils étaient encore bébés, ce qui impliquait généralement que la mère ou d’autres membres du groupe avaient été tués. En effet, les macaques crabiers se déplacent en groupes et font tout pour protéger les plus jeunes. Ils étaient ensuite vendus sur des marchés. Une poignée de personnes à Jakarta s’occupaient d’acheter des centaines de singes, qu’elles louaient ensuite à des musiciens de rues, qui bien souvent s’endettaient auprès du propriétaire.
 
Les macaques étaient d’abord dressés. Pour leur apprendre à tenir debout, ils étaient suspendus par le cou pendant plusieurs heures, leurs pattes arrière touchant à peine le sol. [Voir la vidéo à 2’45 min ] On leur enlevait aussi leurs dents pour qu’ils ne mordent pas. Et pour les forcer à mettre un masque, ce qu’ils détestent, ils étaient tout simplement battus. Ils étaient manquaient également de ourriture. Et pendant leurs spectacles de rue, durant lesquels ils étaient toujours enchaînés, beaucoup ont eu la queue cassée par leur dresseur.  
 
Au delà de ça, les singes étaient de vrais nids à microbes. Rarement vaccinés, ils étaient porteurs de toutes sortes de maladies dont certaines peuvent être transmises à l’homme, comme la tuberculose.
 
Sur cette vidéo, un singe dressé fait semblant d'être mort après être tombé d'une moto.
 
“Ils sont traumatisés et n’ont plus de dents pour se défendre contre les prédateurs ou les autres singes"
 
C’est fantastique que le gouverneur ait décidé d’investir du temps et de l’argent pour régler ce problème. Depuis dix ans, je défends les animaux et je n’avais jamais vu un politique faire de tels efforts. De notre côté, nous envoyons nos vétérinaires et bénévoles pour aller voir les singes en quarantaine. Il y en a une centaine et 70 autres sont attendus la semaine prochaine. Et je pense qu’on aura ensuite terminé puisque plus personne n’en voit dans les rues depuis quelques jours. Il n’est pas impossible que des propriétaires en aient cachés quelques-uns et nous savons que cette pratique continue, à plus petite échelle, dans certaines villes. Mais plusieurs gouverneurs ont annoncé qu’ils comptaient aussi s’y attaquer.
 
Maintenant, il faut savoir ce que l’on va faire d’eux. Ils sont traumatisés et n’ont plus de dents pour se défendre contre les prédateurs ou les autres singes, donc pas question de les remettre dans la forêt. On envisage de les placer sur une île. On a d’ailleurs déjà trouvé quelqu’un qui accepte de nous en louer une sur le long terme, à un prix très raisonnable, mais il nous manque toujours 200 000 euros pour couvrir les frais. Si nous ne les trouvons pas, le gouverneur s’est arrangé pour qu’une place leur soit réservée au zoo.
 
Un autre spectacle "topeng monyet".
 
Vidéo de Jakarta Animal Action Network expliquant les mauvais traitements subits par les singes. (En anglais)

Commentaires

Une nouvelle vie pour les singes mendiants de Jakarta

Quelle honte, heureusement des gens s'investissent pour trouver des solutions, l'une des meilleures étant l'éducation.... Les enfants qui touchés forcemment en parlent en famille.
A bien y regarder l'homme est le pire des mamifaires

Cest vraiment horrible...

Cest vraiment horrible... Merci pour cet article! J ai ouvert les yeux. Nauseabond!

Je hais l'homme, des miséreux

Je hais l'homme, des miséreux qui dégradent des êtres sans défense et leurs infligent une existence pire de ce qu'ils vivent eux même..mais qu'ils disparaissent, la paix sur terre reviendra!

Où signer la pétition

Bonjour,
Je ne trouve pas l'endroit où l'on peut signer la pétition...?
Merci de m'aiguiller svp.



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