Les "Ultras girls", supportrices de choc des Frères musulmans

Photo des membres du groupe "Ultras girls" prise récemment lors d'une manifestation au Caire.
 
Depuis la destitution de Mohamed Morsi en juillet dernier, les femmes membres des Frères musulmans participent massivement aux manifestations, réclamant le retour au pouvoir du président déchu. Pour faire entendre leur voix, certaines d’entre elles ont même crée le groupe "Ultras girls", qui reprend les techniques des supporters de foot.
 
Le modèle choisi par ce groupe de femmes peut surprendre. Les Ultras du club cairote, al-Ahly, ont été les premiers supporters de foot en Egypte à investir le terrain de la politique, mais ils manifestaient en général contre le président déchu Mohamed Morsi et son mouvement, les Frères musulmans.
 
En outre, il peut sembler étonnant de voir des filles voilées, qui jouent du tambour et de la trompette, en chantant à tue-tête dans les rues du Caire, surtout lorsqu’il s’agit de militantes d’un mouvement religieux conservateur… Et pourtant, la page Facebook "Ultras girls", qui permet à ces supportrices de se regrouper et d’organiser des actions, n’a que quelques semaines, et compte déjà près de 15 000 fans.
 
Une supportrice de Mohamed Morsi avec un vuvuzela. 
  
Contributeurs

"Nous sommes là pour aider les femmes à se faire entendre"

Aya Alla Hosni milite au sein du mouvement "Femmes contre le coup d’État" et est membre fondatrice des "Ultras girls".
  
L’idée d’un groupe d’Ultra a fait son chemin parmi nous au fil des manifestations contre l’armée. Des filles ont commencé à ramener des tambours, d’autres se sont mises à composer des chants, etc. Alors ont s’est dit, pourquoi ne pas créer un groupe d’Ultras ? Nous avons lancé une page Facebook, et maintenant il y a des "Ultras girls" dans plusieurs régions d’Egypte, notamment à al-Guizeh, Octobre et Helwan.
 
Lors d'une manifesation d'étudiantes à l'Université al-Azhar du Caire.
 
Nous avons surtout crée ce groupe pour des raisons pratiques : dans les manifestations, le cortège des femmes est toujours situé à l’arrière de celui des hommes. Du coup, elles ne sont pas assez proches pour entendre les chants et les slogans, et les relayer. Donc nous, les Ultras girls, nous nous plaçons à l’avant du cortège des femmes, pour qu’elles reprennent nos chants.
 
Des supportrices de Mohamed Morsi jouant du tambour lors d'une manifestation au Caire.
  
"Je pense qu’une femme peut montrer son enthousiasme tout en restant vertueuse"
 
Beaucoup de militants des Frères musulmans ont critiqué cette initiative, notamment sur les réseaux sociaux. Ils pensent qu’il est indigne pour une femme pieuse de se comporter comme un supporter. Je ne suis pas d’accord avec ce point de vue, car je pense qu’une femme peut montrer son enthousiasme tout en restant vertueuse. Au contraire des supporters, nous ne proférons pas d’injures et n’agressons personne. 
 
Des étudiantes de l’université al-Azhar, qui est secouée par des manifestations depuis le début de l’année scolaire, ont crée un groupe similaire pour soutenir les Frères musulmans. Contrairement aux Ultras girls, ces militantes se couvrent le visage pour ne pas être reconnues par les responsables de l’université et risquer l’exclusion.
 
Toutes les photos ont été postées sur la page Facebook des "Ultras girls".

Commentaires

Bravo

Bravo à ces femmes qui, montrent leurs déterminations, leurs courages et leurs patiences, dans leurs combats contre un coup d'état militaire qui est entrain de créé une dictature fasciste, après avoir assassiné des milliers de personnes, femmes, enfants et hommes et avoir bafoués les lois internationales et les droits de l'homme, avec leurs arrestations extra judiciaires et leurs tortures en détention. On peut être contre une idéologie et la combattre par les urnes, mais pas par les chars en tuent une partie du peuple et en l'excluant du jeux politique et social.



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