Vidéo : un passant racketté par un "soldat" à Abidjan

 
Un homme en uniforme tente de racketter un passant en pleine nuit. La scène a été filmée par un habitant d’Abidjan. Cette vidéo tire la sonnette d’alarme sur les exactions commises par de prétendus militaires en Côte d’Ivoire.
 
La vidéo a été postée sur YouTube, mardi 29 octobre, par Claudus Kouadio, un activiste pro-Ggagbo, installé au Ghana. Depuis, elle a essentiellement été retweetée par des internautes, sympathisants de l’ancien président ivoirien. 
 
La vidéo s’ouvre sur deux hommes qui s’empoignent. L’un d’entre eux, qui porte un uniforme rappelant celui des éléments des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire [FRCI], retient un jeune homme en civil par son T-shirt. Ce dernier crie : "voleur ! Il veut me voler !" À 0’30, il s’adresse à l’agresseur : "tu veux me voler mon portable !", avant de demander à des personnes hors champs : "il faut appeler la CCDO ! Appelez la police !"
 
Vidéo éclaircie par France 24.
 
La scène a été discrètement filmée de l’étage d’un immeuble. Aucun élément visuel ne permet d’identifier le lieu exact, les images ayant été filmées de nuit. Plusieurs Observateurs, contactés par FRANCE 24 affirment que l’incident a eu lieu à Abidjan, notamment parce que l’agresseur mentionne le Centre de coordination des décisions opérationnelles [CCDO], une unité de police active à Abidjan et à Yamoussoukro.
Contributeurs

"Les responsables de ces violences sont souvent d'anciens combattants qui n’ont pas été intégrés dans l'armée"

Si la date précise de l’incident n’est pas établie, Nicolas [pseudonyme], activiste des droits de l’Homme à Abidjan, affirme que ces agressions qu’il juge "écœurantes" sont désormais fréquentes dans certains quartiers de la capitale économique.
 
Ce genre d’agressions nous sont souvent signalées aux abords des camps militaires. Mais il est peu probable que cet homme soit un vrai soldat, qui ne risquerait pas sa solde pour si peu. Bien souvent, les responsables de ces violences sont des anciens combattants, qui n’ont pas été intégrés officiellement dans l’armée ivoirienne après la crise.  Mais ils continuent à vivre dans les camps militaires, et à porter le treillis. [Après la guerre, 11 000 combattants ont été intégrés officiellement à l’armée ivoirienne. Quelque 65 000 autres personnes ayant pris les armes doivent être réinsérés d’ici 2015 par l’Autorité pour la démobilisation, le désarmement et la réinsertion (ADDR).] Ces laissés-pour-compte n’ont pas de revenus, alors ils se débrouillent en commettant ce genre de larcins. Généralement, ces éléments n’agissent pas seuls, ils ont des renforts, qui ne se trouvent pas loin.
 
"Ces hommes dépendent le plus souvent d’anciens chefs de guerre, ce qui les rend intouchables"
 
Ce genre d’agressions ont souvent lieu très tôt le matin. Il n’est pas rare qu’ils se retrouvent aux prises avec des chauffeurs de gbaka [transports en commun], qu’ils essaient de rançonner. Certains mettent en place de véritables pièges. Ils utilisent une fille comme appât, elle s’approche de passants, fait semblant de se faire agresser, et les éléments viennent juste après pour rançonner le prétendu agresseur.
 
On entend que l’homme appelle la police à la rescousse. En effet, la police est beaucoup mieux structurée que l’armée. On reconnaît qui est qui, et ce n’est pas n’importe qui, qui porte l’uniforme. Pour autant, dans ce genre de situation, il est peu probable que le jeune homme obtienne justice, car ces "militaires", qui les agressent sont souvent les hommes d’anciens chefs de guerre [de la rébellion, qui soutenait Alassane Ouattara pendant la crise post-électorale], des chefs qui sont aujourd’hui à de hauts postes dans l’armée, et que tout le monde craint. Ils se sentent donc intouchables.
 
FRANCE 24 a contacté le ministère de la Défense, dont dépendent les FRCI, personne n’était disponible pour réagir à ces images.

Commentaires

Le "militaire" n'a d'ailleurs

Le "militaire" n'a d'ailleurs pas l'uniforme des officiers de la CCDO

Vous faites erreur. C'est

Vous faites erreur. C'est plutôt la victime qui fait appel qui demande à une autre personne de faire appel au CCDO pour le secourir. Car justement cette unité à été crée pour traquer ce genre de personne qui créer l'insécurité.

Votre commentaire

Bonjour,

c'est bien ce que nous écrivons dans l'article. C'est la victime qui fait appel à la CCDO.

Bonne journée.



Fermer