En images : situation dramatique dans les camps de réfugiés de Centrafrique

A Bossangoa, les réfugiés se sont notamment installés près du petit séminaire. Photo prise par notre Observateur, Mgr Nestor Nongo Aziagbia.
 
Fuyant les attaques perpétrées par la Séléka et des milices d’auto-défense, des milliers de réfugiés affluent quotidiennement à Bossangoa. Près de 40 000 d’entre eux s’entassent sur les terrains de l’évêché, où ils survivent dans des conditions sanitaires déplorables.
 
"La violence des combats atteint un niveau sans précédent. Une assistance humanitaire accrue doit être déployée de toute urgence". Dans un communiqué datant du mercredi 16 octobre, Médecins sans frontières tire la sonnette d’alarme. Depuis le coup d’État de mars dernier, la situation sécuritaire et humanitaire ne cesse de se dégrader en République centrafricaine. En particulier aux environs de Bossangoa, au nord-ouest du pays.
 
Dans cet ancien fief de l’ex-président François Bozizé, où elle s’est installée, la Séléka est accusée de nombreuses exactions, et même d’exécutions sommaires de chrétiens. En réaction, des habitants de la région se sont constitués en milices – les "anti-Balaka" – et combattent depuis septembre les membres de l’ex-rébellion, en s’en prenant au passage aux populations musulmanes.
 
"Dans ce climat de peur et de violence généralisée, les gens fuient dans la brousse ou bien se regroupent en quête de plus de sécurité", rapporte Médecins sans frontières. Plusieurs dizaines de milliers de chrétiens ont ainsi trouvé refuge au sein de la mission catholique de Bossangoa, tandis qu’environ 2 000 musulmans se sont abrités à l’école de la Liberté, à l’intérieur de la ville. Tous sont sous la protection de la Fomac, la Force multinationale des États d’Afrique centrale.
 
A Bossangoa, la plupart des réfugiés installés à l'évêché sont des femmes et des enfants.Nestor Nongo Aziagbia
Grâce aux bâches fournies par l'Unicef et la Croix-Rouge, les réfugiés se sont construit des tentes de fortune.Nestor Nongo Aziagbia
Des latrines ont également été installées.Nestor Nongo Aziagbia
Les populations musulmanes ont trouvé refuge à l'école Liberté.Michel Ningando
Médecins sans frontières
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    Contributeurs

    "Certains se sont même installés dans la porcherie"

     
    Monseigneur Nestor Nongo Aziagba est l’évêque de Bossangoa. 
     
    Les réfugiés ont commencé à arriver à l’évêché le 8 septembre. Une semaine plus tard, ils étaient déjà 15 000. Depuis l’escalade des affrontements entre la Séléka et les milices "anti-Balaka", il en arrive tous les jours. D’après les enregistrements effectués par l’association Caritas, ils sont aujourd’hui environ 39 000 sur quatre hectares. La plupart sont des femmes et des enfants.
     
    Ils survivent dans des conditions sanitaires extrêmement précaires, au milieu du bétail qu’ils ont amené avec eux. Jusqu’à la mi-septembre, ils étaient exposés au soleil, à la pluie. Depuis, la Croix-Rouge et l’Unicef leur ont apporté des bâches avec lesquelles les réfugiés ont construit des tentes, et ils ont installé des latrines. Nous avons mis à leur disposition tous les locaux de l’évêché. Mais ils se sont même installés dans la porcherie ! Ce sont des gens désespérés qui cherchent n’importe quel endroit où se protéger de l’insécurité.
     
    "La famine menace aujourd’hui"
     
    Car les exactions continuent. Il n’y a pas un jour sans qu’on ne déplore un mort. Les hommes n’osent plus quitter la zone, de peur d’être pris par la Séléka pour des partisans des "anti-Balaka". Ce sont donc les femmes qui partent s’approvisionner, mais elles se font racketter. Et comme les récoltes n’ont pas pu être assurées, c’est la famine qui menace aujourd’hui. Nous avons sollicité la FAO [Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture] pour fournir des vivres.
     
    Lors de sa venue il y a deux jours, le Premier ministre Nicolas Tiangaye nous a promis de faire partir les éléments de la Séléka et de renforcer ceux de la Fomac. J’espère de tout cœur qu’il va tenir sa promesse. Parce que si elle reste sans lendemain la situation va devenir catastrophique.
     
     
    Article écrit avec la collaboration de François-Damien Bourgery (@FDBourgery), journaliste à FRANCE 24.

    Commentaires

    J'ai eu 50 ans hier . Mon

    J'ai eu 50 ans hier . Mon père m'a autorisé à regarder la télévision après vingt heures j'avais dix ans.
    Cela fait donc 40 ans que vous nous servez les "mêmes" images...
    Si c'est pour culpabiliser la jeune génération Européenne et faire pleurer dans les chaumière la solution doit être ailleurs parce que rien n'a été réglé depuis le temps...

    Situation en Afrique et en centrafrique

    Asiedusudest vous avez bien raison de dire qu'on a toujours les mêmes images en Afrique depuis bien longtemps 50 et plus ( après les indépendances des colonies françaises).
    Avez vous été en Afrique une fois?



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