"Ce sont bien les milices qui ont enlevé le Premier ministre libyen"

Le Premier ministre libyen Ali Zeidan lors de son enlèvement jeudi matin dans un hôtel de Tripoli.
 
Les déclarations et les démentis se sont succédés à Tripoli, jeudi matin, sur les circonstances de l’enlèvement du Premier ministre libyen Ali Zeidan, qui sera finalement libéré six heures après son rapt. Un cafouillage qui reflète bien, selon notre Observateur, la situation sécuritaire de la Libye, où autorités et milices se disputent le pouvoir.
 
Ali Zeidan a été enlevé à l’aube à l’hôtel Corinthia, dans la capitale libyenne, où il résidait. Dans les quelques heures qui ont suivi, une page Facebook appartenant au groupe de miliciens les "Révolutionnaires de Libye", un message revendiquant le kidnapping a été publié. Pourtant, en fin de matinée, un autre message a été posté sur la même page démentant cette fois l’implication de ce groupe dans cet enlèvement. Un porte-parole du bureau de Lutte contre la criminalité a alors annoncé détenir le Premier ministre dans ses locaux, situés à l’intérieur du ministère de l’Intérieur. Il a également précisé qu’il ne s’agissait pas d’un enlèvement, mais d’une "arrestation". Un imbroglio que décrypte notre Observateur, Karim Nabata, blogueur sur la plateforme Libyablog montée par FRANCE 24 et RFI.
Contributeurs
Officiellement, ce n’est pas le groupe des Révolutionnaires de Libye qui a enlevé Zeidan. Il s’agit du bureau de Lutte contre la criminalité. Mais en réalité, cette cellule du ministère de l’Intérieur est composée de membres du groupe des Révolutionnaires de Libye, une organisation parapluie, où toutes les milices libyennes sont représentées [Abdelhakim al-Balaazi, porte-parole du bureau de lutte contre la criminalité, est lui-même un ancien milicien de Zentan].
 
Après la chute de Kadhafi, les milices ont pris un rôle prépondérant en Libye. Les autorités ont donc tenté de les incorporer à différents niveaux de l’Etat, en espérant les contrôler, et se débarrasser de cet appareil de sécurité parallèle.
 
Or on voit bien aujourd’hui qu’il n’en est rien : les miliciens ont accepté la main tendue par l’État pour gagner en légitimité, mais ils continuent à servir leurs intérêts, sans obéir à aucune hiérarchie [le ministre de l’Intérieur a lui condamné l’enlèvement d’Ali Zeidan].
 
Ce sont bien des miliciens qui ont enlevé Zeidan, mais ils ont agi avec leur casquette d’agents du ministère de l’Intérieur. La preuve qu’en Libye aujourd’hui nous avons un État dans l’État, qui agit selon son propre agenda.
L’enlèvement du Premier ministre Ali Zeidan est intervenu quelques jours après le raid américain mené en Libye, au cours duquel un des leaders présumés d’Al-Qaïda, Abou Anas al-Libi, avait été capturé, provoquant la colère des milices islamistes. Les milices réclament depuis plusieurs mois le départ d’Ali Zeidan, qui a lancé, début 2013, une campagne pour les "évacuer de la capitale libyenne".
Cet article a été rédigé en collaboration avec Sarra Grira (@SarraGrira), journaliste à FRANCE 24.

Commentaires

pétrole, crise actuelle

A propos de pétrole, rappelons que l'on en est là : http://iiscn.files.wordpress.com/2013/03/laherrere_all_liquids_production_1900-2200.jpg (pétrole de schiste inclus) C'est à dire dans un monstrueux choc pétrolier qui hélas ne fait que commencer, et aussi raison principale de la crise dite "financière". http://iiscn.wordpress.com/2011/05/06/bataille-et-lenergie/



Fermer